Feuille du PIC (Parti International du Coeur ou du Citoyen)

Humanisme, Programme citoyen, Alternatives, Non-violence, Ecologie, Décroissance, Végétarisme, Médecine douce, Energie renouvelable, OGM, Empreinte écologique, Inégalité Nord Sud, Philo cynique, Anarchisme, Spiritualité, Conscientisation, Auroville, la Nef, la Françafrique, Commerce équitable, Gandhi, Rabhi, Bové, etc. Lire la Charte http://feuilledupic.blogspot.com/2006/03/charte-du-pic-2006.html (liste parfois en bas de blog). Jean-Paul Alonso Mailto : jean-paul.alonso@hotmail.fr

10 février 2009

Essai : Guide de la Révolution non-violente

Non reclassé et licencié pour mettre opposé à la fermeture abusive de mon entreprise en 2007, j'essaie de me reconvertir comme auteur et conférencier sur la non-violence politique (8 thèmes disponibles sur la N-V politique.)

J'essaie de faire connaître et de vendre mon livre, qui propose des mesures concrètes et innovantes pour conscientiser la population en vue de transformer la société avec la base. J'ai passé 3 années pour écrire cet essai, et il est dans quelques librairies en France.

Je compte sur votre solidarité pour en parler l'acheter, l'offrir, m'indiquer des tuyaux, des librairies qui seraient intéressées pour le prendre en dépôt-vente.

Je me tiens à votre disposition pour des informations complémentaires.

Titre de l'essai Guide de la révolution non-violente

Voici le sommaire avec des extraits du livre :

résumé au dos du livre :
Gandhi écrit au sujet de la non-violence : « Je l’ai présentée comme une méthode politique destinée à résoudre des problèmes politiques » et Nehru écrit au sujet de la libération de l’Inde : « On a dit que l’action non-violente était une chimère ; elle a été, ici, le seul moyen réel d’action politique. »
César Chavez écrit : « Nous ne sommes pas non-violents parce que nous voulons sauver notre âme. Nous sommes non-violents parce que nous voulons obtenir la justice sociale pour les ouvriers. Qu'importe aux pauvres que l'on construise d'étranges philosophies de non-violence, si cela ne leur donne pas de pain. »
La croissance du produit mondial brut illimitée imposée par le libéralisme économique, sur une terre aux ressources limitées et à la démographie croissante, nous conduit dans une impasse humanitaire et écologique généralisée à brève échéance. Pour que le Nord vive dans l’opulence et le gaspillage, un milliard de personnes restent dans le sous-développement et cent mille d’entre elles meurent chaque jour de faim et de maladie.
Un autre monde est possible et souhaitable ; pour l’atteindre, nous devons échapper à la manipulation mentale de masse exercée par les profiteurs qui nous poussent au productivisme et au consumérisme pour s’enrichir. Pour cela, nous devons éradiquer la violence qui est en nous en retrouvant les vraies valeurs du bonheur et du partage. Nous devons mener des combats non-violents de masse pour établir la justice sur terre. Cet essai présente les outils et un plan pour mener une Révolution non-violente planétaire.

Introduction :
« Je ne désire pas qu’un seul être me suive, si je n’ai pas fait appel à sa raison. »
Gandhi* 14 juillet 1920, journal Young India.

Le premier chapitre de cet ouvrage intitulé « Le constat », dresse le triste portrait de la civilisation occidentale, en rapportant le discours d’Evo Morales tenu en 2007 à l’ONU, et la contribution que j’ai écrite en 2007, intitulée « La décroissance économique pour une politique non-violente ». J’ai ajouté un article sur la « crise économique » 2008. Le deuxième chapitre, intitulé « Les outils », expose l’évolution de la non-violence à travers les religions, le droit, des portraits d’activistes et leurs combats, une biographie de Gandhi, puis présente les différentes techniques de résistance non-violente (grève, boycott, marche ou défilé, etc.). La non-violence politique est un outil pour lutter contre les dérives autoritaires d’un Etat ou d’une tutelle quelconque, qui enfreint les droits fondamentaux de la personne humaine, de la nature ou des animaux. C’est une stratégie individuelle ou de masse, qui, sans user de la violence, cherche à faire plier l’adversaire en refusant de collaborer avec lui. Elle interpelle nos concitoyens par tous les moyens non-violents possibles. Cette deuxième partie présente aussi Les lettres à l’ashram de Gandhi*, que j’ai réactualisées, ainsi qu’une méthode psychophysiologique pour atteindre la maîtrise de soi, afin d’améliorer son existence et de mener les luttes non-violentes. Le troisième chapitre, « Le combat », relie le sujet, qui est la non-violence, à son objet politique, en proposant des actions individuelles et collectives pour remédier aux abus et aux violences des lobbies et de l’Etat. Vous y trouverez une charte du consommateur responsable et un plan révolutionnaire....


Chapitre I : Le constat

I-1- Discours d’Evo Morales à l’ONU

I-2- La décroissance économique pour une politique non-violente


I-3- La « crise financière » de 2008

Chapitre II : Les outils

II-1- La non-violence : origine - domaine d’application - religion – droit
– ONU – histoire – dissuasion et résistance – Etat

extraits :


II-1-7- La grève générale pour la paix internationale

Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du travail est créée en 1895. En 1906, la CGT adopte la « charte d’Amiens » qui supprime le lien organique entre partis politiques et syndicats. Cependant, les anarcho-syndicalistes et les socialistes de l’époque s’entendent sur les moyens à mettre en œuvre pour mettre un terme aux guerres en Europe. Les socialistes Jean Jaurès et Édouard Vaillant font adopter la même année par la SFIO la nécessité d’une action contre la guerre dans chaque pays, début de citation : « par tous les moyens depuis l’intervention parlementaire, l’agitation publique, les manifestations populaires jusqu’à la grève générale ouvrière et l’insurrection. » Cette position valut à la SFIO les vives attaques de la grande presse possédée par les grands propriétaires. Les socialistes partisans de Jules Guesde considéraient qu’il n’y avait pas lieu de combattre le militarisme et le capitalisme séparément. (13)...........

II-1-8- La dissuasion et la résistance civiles non-violentes

...... La sécurité d’un pays, d’une nation, face à des agresseurs potentiels s’obtient par la dissuasion. Cette stratégie doit faire en sorte que les pertes engendrées par une éventuelle agression soient supérieures aux profits économiques, politiques et idéologiques de soumission escomptés par les agresseurs. La dissuasion militaire, par exemple nucléaire, élève le facteur coût en opposant une puissance de frappe redoutable qui fait appel à de lourds moyens de recherche, lesquels précisons-le, sont à la charge des contribuables. Ce genre de dissuasion armée n’est pas prévu pour faire échec aux facteurs politiques et idéologiques de soumission, contrairement à une autre approche non militarisée, qui consiste en une dissuasion civile. Cette dernière repose sur une résistance civile non-violente de toute la population du pays à ses agresseurs. Elle devrait faire appel à un service civil adéquat, organisé par un ministère non-violent et sans arme de la Défense de la Liberté. Non seulement la violence ne peut pas maintenir une paix durable, mais de plus elle est ruineuse en armes et en armées, et souvent en dégâts civils collatéraux, humains, matériels et écologiques. L’Etat et la population doivent sortir du paradigme qui confond le pouvoir avec la force et la force avec la violence. Pour cela, nous devons retenir que le terme « non-violence » n’est pas synonyme de « pacifisme » et encore moins de faiblesse et d’absence de pouvoir.
.......On comprend que les gouvernements des pays, qui s’inscrivent à l’intérieur du paradigme de la pensée unique, qui repose exclusivement sur la violence, ne soient pas disposés à former leur population civile à résister à l’oppression par des techniques non-violentes. Elles ont trop peur que ces instruments ne se retournent contre leur propre autoritarisme et que les peuples ne disposent un jour enfin d’eux-mêmes.

II-2- Portraits de vingt activistes non-violents
(
Erasme, Marie-Olympe de Gouges, Henry-David Thoreau, John Ruskin, Léon Tolstoï, Romain Rolland, Louis Lecoin, Jean Giono, Vinoba Bhave, Lanza del Vasto, Martin Luther King, Rosa Parks, Jacques Pâris de Bollardière, L'abbé Pierre, Nelson Rolihlahla Mandela, Albert Jacquard, César Estrada Chavez, Pierre Rabhi, Coluche, José Bové (Joseph), Liste des Prix Nobel de la Paix qui ont mené des luttes non-violentes)

II-3- Petite biographie politique de Gandhi (23 pages)

II-4- La boîte à outils de l’activiste non-violent (grève, boycott, ...)

II-5- Les lettres à l’ashram (présente la philosophie de Gandhi réactualisée pour le 21ème siècle)

II-6- La non-violence personnelle ou la méditation positive


Chapitre III : Le combat

III-1- La charte du consommateur responsable

III-2- Appel à la révolution non-violente planétaire

Repères bibliographiques

ISBN : 978-2-9525139-1-3

Essai contenant 50 références bibliographiques - 140 citations dont la moitié de Gandhi.
Cet essai dense et bien référencé, intéressera tous(tes) les militants(tes), qui veulent un ouvrage sérieux sur la non-violence politique et la réactualisation de la pensée de Gandhi pour le 21ème siècle.
Il est imprimé sur du papier recyclé avec de l'encre végétale.
Format type Que sais-je ? en beaucoup plus dense - 140 pages.
Son prix est de 10 euros, avec 1,7 euros pour le port en France pour 1 ou 2 livres.

Les particuliers peuvent le commander directement à mon adresse ci-dessous à Saintes contre un chèque de 11,7 euros ou 21,7€ pour 2 livres port inclus pour la France.
Les internautes peuvent le commander sur www.priceminister.com


Salutations citoyennes et engagées

Jean-paul Alonso
10, rue aliénor d'aquitaine
17100 Saintes
tél : 06 27 07 28 39
Président fondateur de l'association pour la non-violence et la solidarité
auteur et conférencier sur la non-violence politique http://www.non-violence-solidarite.blogspot.com

23 octobre 2008

Le décodage de la crise financière de 2008

Depuis des semaines je retiens ma colère face aux événements et à l’inanité du peuple. Je qualifie de grand bluff, de gigantesque escroquerie du 21ème siècle cette présumée crise. Je vais raisonner de manière systémique, pour ne pas vous assommer à coup de milliards, de « subprimes » de « titrisation » et de « produits toxiques dérivés », qui ne sont que des écrans de fumée entretenus par les médias (q).
Le monde entier est victime d’une crise engendrée par le risque financier issu de la déréglementation, qui est la règle admise mondialement et entretenue par les pouvoirs politiques en place. Les socialistes des années Mitterrand ont même sophistiqué un peu plus ces outils spéculatifs.

Quelle surprise de voir le président Sarkozy, ancien avocat d’affaire, monter au créneau pour moraliser la finance internationale (fin des paradis fiscaux, parité des monnaies…) et on ne pourrait qu’applaudir les mesures annoncées si elles étaient réellement appliquées un jour. J’imagine un coupable prendre la place du juge et condamner ses complices et amis, pire encore ses propres convictions politiques. Un bien étrange et inquiétant spectacle, relayé par les grands médias possédés par les amis du président, les grands patrons, qui ont planifié son ascension. Mais pas seulement, car l’opposition politique est atone et ses chantres sont affligeants. Le peuple, instrumentalisé, intoxiqué, désorienté par la désinformation généralisée est transformé en moutons de Panurge. Le peuple, les parlementaires doivent exiger une commission d’enquête pour savoir qui a encaissé l’argent, exiger une réglementation internationale de la finance, qui met un terme à la spéculation et aux gains qui ne reposent pas sur le travail.

Le grand responsable c’est le système nous dit-on, pas les hommes politiques qui l’on mis en place (fin des accords de Bretton woods, le dollar flottant…) et qui l’ont entretenu pour faciliter l’enrichissement privé et outrancier de quelques-uns, et encore moins les financiers, qui ont spéculé et perdu (ou beaucoup gagné) et dont on nationalise les pertes. Certains petits malins ont continué à spéculer dans la débâcle, en espérant se nourrir sur la bête agonisante (nous autres les payeurs) et la banque à bon papa, le gentil petit écureuil vient de perdre 750 millions d’euros, dans l’indifférence populaire générale. C’est ahurissant.

Une chose est claire, quand les Etats-Unis  perdent  mille milliards de dollars à la bourse, cela signifie que cet argent est tombé dans une autre poche. Et que l’immense appauvrissement du monde va profiter à quelques-uns : financiers, terroristes, politiques abrités par les paradis fiscaux,  qui sait ? Le système n’est que l’arme du crime, pas les coupables de la soit disant banqueroute. Soudainement « l’économie virtuelle » et « l’économie réelle » apparaissent dans le langage des médias. Vous faites erreur me dit-on, cet argent n’existe pas, il est « virtuel ». La note à payer par les contribuables et la misère qui va suivre ne seront pas virtuelles, celles-là. Rien est virtuel, seuls les ordres de bourse sont dématérialisés. Il y a toujours un acheteur pour un vendeur, un gagnant et un perdant, un encaisseur pour un débiteur.

Voilà bien longtemps qu’il m’arrive de pleurer seul, en pensant au Sud et à son milliard de victimes du capitalisme international, et à ses quelques cent mille personnes qui meurent chaque jour du « sous-développement » (soif, faim, épidémies, guerres organisées…), résultat des excès du Nord où vit 20% de l’humanité, qui accapare plus de 80% des richesses mondiales. Quel rapport avec la crise financière ? Cette crise humanitaire est entretenue depuis la fin de la guerre et encore après la fin du colonialisme via les paradis fiscaux, relais du blanchiment de l’argent sale, des opérations occultes des marchands d’armes, du crime et des guerres organisées, des dictateurs africains amis des capitalistes et autres (voir l’association Survie). Annuler les paradis fiscaux c’est dévoiler les criminels et la fripouille politique. C’est mettre un terme au grand banditisme et au capitalisme qui ont du sang sur les mains. C’est condamner un système qui a fait l’opulence des pays du Nord en pillant les richesses du Sud et qui consomment jusqu’à six fois ce que la terre peut produire pendant que des enfants meurent de faim dans le Sud. Merci aux humanitaires (je donne aussi) qui se dévouent en mettant du sparadrap sur ce cancer.

Tous les Français, tous les Européens, tous les Occidentaux et même les pays émergents cautionnent ce système mis en place par les hommes politiques, et dont les mots clés sont : productivisme et consumérisme. Les Françaises et les Français, consomment environ quatre fois ce que la planète peut produire, au détriment du Sud. Que faire ? J’ai écrit la charte du consommateur responsable en 2003. Mais les mesures annoncées semblent bien trop contraignantes pour les consuméristes que nous sommes, éduqués (voir dressé) dès le berceau par les publicistes. Nous sommes des collaborateurs zélés de la machine infernale, qui n’ont plus aucun pouvoir sur nous-mêmes pour se limiter à leurs vrais besoins, et nous opposer à cette tragédie prédatrice comme nos devoirs citoyens nous le recommandent.
Les gesticulations de Monsieur Sarkozy masquent sa peur de la grave crise sociale qui est devant nous, et qu’il devra assumer durant son mandat. Il pouvait craindre une révolution populaire, mais rien. Le casse financier du siècle a réussi. C’est inacceptable, intolérable. Les 100000 sans-domicile de notre pays, le milliard de sous-alimentés du Sud vont probablement doublés avec notre complicité.

Le peuple va-t-il continuer encore longtemps à se laisser manipuler ? Va-t-il encore longtemps collaborer à ce système criminel odieux ? Si le peuple qui est le seul producteur des vraies richesses dit NON ! Tout est possible.
Peuples du Nord ! Peuples du Sud ! Je vous invite à prendre le pouvoir par la révolution non-violente.

Note q : ceux qui veulent des explications techniques se reporterons à l’article du professeur Michel Aglietta,  10 clés pour comprendre la crise, paru dans le nouvel Observateur du 25 septembre 2008.

31 août 2007

La méditation positive

Introduction

Il y a toujours un danger à se discréditer en parlant de la spiritualité et de la méditation, dans un monde farouchement matérialiste, dominé par la peur, l’usage de la force et parfois de la terreur. Un monde qui a rejeté en général les dogmes religieux avec la spiritualité et qui évolue en grande partie vers sa destruction à cause de sa carence spirituelle. La tâche que je me fixe ici n’est pas simple et risquée. Il s’agit de vous présenter une technique de méditation non dogmatique pour se libérer de l’emprise de la matière, vaincre les obstacles et atteindre des objectifs.

Au début j’avais baptisé cette méthode « prière laïque », j’ai remplacé cette expression parce qu’elle renvoie trop à la croyance en dieu. J’ai gardé cependant l’expression commune de prière pour m’exprimer, car cette technique s’apparente plus à la prière qu’au yoga. Pour prier selon cette nouvelle méthode, il n’y a pas besoin de croire en un dieu ou des dieux, l’efficacité de la prière est la même voire supérieure, car nous sollicitons les véritables ressources de notre cerveau sans nous méprendre sur leurs origines.

Je suis agnostique, c’est à dire que je me considère dans l’incapacité de savoir si dieu ou des dieux existent. Je pense néanmoins, que le concept de dieu ou des dieux au cours du processus d’humanisation a été nécessaire à l’humanité première pour tenter d’expliquer les phénomènes naturels, en inventant des responsables imaginaires de forme animale, humaine ou hybride. S’est ainsi que sont nés les panthéons des dieux, dans lesquelles des divinités tutélaires gouvernaient, les vents, la pluie, les sources, les montagnes, l’amour, la fécondité, la force physique, etc. La relation aux dieux consistait jadis à faire des offrandes à la divinité tutélaire pour acheter sa faveur, afin par exemple, de voir tomber la pluie, de devenir prolifique fort et prospère, etc. Ces offrandes étaient accompagnées de paroles ou de chants et de musique, afin d’exprimer ses souhaits à la divinité, de la flatter pour qu’elle interfère positivement dans nos affaires terrestres.

Nos connaissances scientifiques nous apprennent que l’univers est principalement peuplé de vide, et que la vie sur terre et sur d’autres planètes à découvrir est très rare ; si des dieux existent, ils ont été très avares pour reproduire la vie dans l’univers. Je pense donc que tout cela n’est qu’invention, superstition ancienne ou première et hypocrisie moderne. Mais sachons au moins reconnaître la très grande chance que nous avons d’être sur cette belle planète bleue.

Jusqu’à une époque récente avant 2003, je ne pratiquais pas la prière. Un jour j’ai lu Gandhi qui disait que la prière l’avait sauvée à des instants très durs de sa vie. Un homme aussi intelligent que Gandhi, qui tenait de tels propos m’a beaucoup intrigué. Je traversais moi-même une période difficile. Mais comment prier quand on ne croit pas en dieu me suis-je dis ? J’ai donc inventé et expérimenté ce mode de prière ou de méditation nouveau, qui c’est avéré efficace. Je connaissais la relaxation yogique ; j’ai ensuite couplé les techniques de respiration et de relaxation du atha yoga à la demande d’une amélioration de ma condition ou de celle de mes semblables. Demande adressée non pas à un dieu mais à moi-même. Curieusement les expériences ont été concluantes. Il y a eu des périodes difficiles dans lesquelles je ne voyais aucune issue à certains problèmes. Je me tournais en vain vers tout le monde pour chercher la solution, mais chacun semblait toujours me prendre sans rien me donner. Alors c’est à moi-même que je l’ai demandée par cette pratique journalière, la solution est arrivée et le résultat a suivi.

Mais alors pourquoi ? La complexification croissante du monde moderne, fait que nous vivons au quotidien dans une grande agitation mentale ou nerveuse. Cet état d’agitation altère notre entendement ou notre perception et compréhension en général de la vie. La méditation positive calme cette agitation intérieure et remet de l’ordre dans nos facultés raisonnantes. Celui qui croit en un dieu peut également pratiquer cette technique de prière s’il ne se reconnaît dans aucune religion. Il s’adressera alors à son dieu et non à lui-même. Je mets en garde les personnes qui exercent une religion et qui restent habitées par le doute quant au bien fondé des objectifs qu’elle poursuit. Certaines religions peuvent exercer une emprise destructrice, alors mieux vaut changer. Cette technique peut vous aidez à vous libérer d’une emprise extérieure, ne vous découragez pas.


Présentation de la technique

Le lieu de prière doit être sain, aéré, silencieux, propre et simplement agencé. Vous devez être de préférence seul, dans votre chambre ou un jardin, et porter des habits amples.

Allongez-vous sur le sol, et faites l’assana de la posture du corps mort, dite shaväsan, que je vous présente selon le Cours pratique de Yoga de Charles Antoni, un livre paru au Nouvel office d’édition, Paris en 1973 : p11 « Mourir signifie, ici, mourir à toutes ses tensions et agitations physiques et mentales, ce qui nous permet de renaître, en quelque sorte, à notre état vrai et à toutes nos disponibilités naturelles.

Technique : S’étendre sur le dos, sur une surface plane, les yeux fermés, les bras posées sur le sol le long du corps, mais suffisamment écartés de celui-ci, les paumes des mains tournées vers le ciel. Les jambes sont allongées et les pieds sont séparés de 15 à 20 centimètres. La tête doit rester droite. Rien ne doit entraver la circulation du sang (...) défaites votre ceinture, enlevez vos chaussures, votre montre ainsi que vos lunettes. Une fois bien installé dans la posture, devenez conscient de la masse et de la totalité de votre corps sur le sol et essayez de vous abandonner. Ensuite, commencez à régulariser le souffle très léger (...) essayez de détendre complètement tous les muscles de votre corps. Pour cela vous allez suivre la progression que nous allons vous indiquer : Membres inférieurs : sentez la présence de vos pieds de vos orteils, vos talons, et essayez de les relâcher jusqu’à ce que vous ne sentiez plus aucune tension dans les pieds. Ensuite sentez la présence de vos mollets et faites les très mous, puis détendez vos genoux, vos cuisses. Prenez conscience de vos fesses : elles sont très molles ; sentez-les s’enfoncer dans le sol. Tronc : Relâchez bien le ventre, sentez bien votre dos s’enfoncer dans le sol ; relaxer bien votre poitrine, sentez là s’aplanir. Membres supérieurs : Sentez la présence de vos bras, sentez les inertes, abandonnés. Relaxez bien les mains, les avant-bras, les coudes, les bras, les épaules. Tête : Essayer de détendre le cou, ainsi que l’intérieur de la gorge. Pour ce faire, il suffit de relever la pointe de la langue vers le palais et de la retourner légèrement en arrière. Aussitôt que cette partie vous semble bien relâchée, laissez la langue revenir doucement dans sa position naturelle. Ensuite, laissez tomber le menton. Décontractez les commissures des lèvres, desserrez les dents, détendez vos joues. Sentez la présence de vos yeux, des globes oculaires, sentez vos paupières posées sur vos yeux, et relâchez bien. Défroncez les sourcils, déplissez le front, sentez votre front très lisse. Décontractez le cuir chevelu, puis la nuque. Prenez conscience de votre crâne, sentez-le complètement relaxé et sentez l’état d’immobilité et de sérénité de tout votre visage et laissez-vous aller profondément. Constatez combien votre souffle est devenu tranquille, régulier et presque inexistant. Prenez conscience de toute la masse de votre corps, sentez sa profonde décontraction, sentez qu’il est devenu lourd, qu’il est bien. Laissez vous bien aller. La complète relaxation atteinte, vous ne pensez plus à rien. Vous n’avez plus conscience d’être vous-même, et cependant vous ne dormez pas. Si vous vous endormez d’ailleurs, cela n’est pas grave : c’est que tout simplement vous en aviez besoin. »

Ensuite entamé la respiration yogique qui se divise « en trois phases :

1) abdominale 2) costale 3) claviculaire. Essayez de vous relâcher au maximum puis chassez complètement l’air de vos poumons.

Premier stade : Inspirez profondément par le nez en essayant mentalement de sentir l’air pénétrer dans la partie abdominale de votre corps ce qui aura pour effet de bomber légèrement le ventre, mais surtout il est conseillé de ne pas le dilater. Deuxième stade : Sentez la progression de l’air, il pénètre maintenant dans la partie médiane du thorax, ce qui aura pour effet d’écarter les côtes inférieures. Troisième stade : L’air pénètre ensuite dans la partie supérieure des poumons, ce qui aura pour effet de soulever les clavicules. Dans ce troisième stade, l’abdomen est légèrement rentré et tenu ferme, servant de support aux poumons. Ensuite, le processus se poursuit en expiration toujours par le nez, dans le même ordre que l’inspiration. Contractez doucement l’abdomen, puis pressez les basses côtes et abaissez les clavicules. Faire ainsi graduellement, sans effort et lentement. » (fin de citation)

Une fois que vous êtes parfaitement relaxé, vous vous concentrez entre les deux yeux, vous verrez alors un point lumineux, qui peut être accompagné d’un mal de tête passager. Ensuite, vous alternez respiration, concentration et demandes. Les demandes doivent être exprimées le plus simplement possible, mais avec précision dans l’énoncé « libérez moi de ma libido » - « fortifiez ma volonté » - « faite que madame X retrouve la santé » - « Donnez-moi la solution à ce problème...... » - etc. Vous pouvez également exprimer des regrets sur des actes que vous avez manqués et des erreurs que vous avez commises « pardonnez-moi d’avoir dit du mal de monsieur X » - « aidez-moi à chasser cette mauvaise pensée » Ne faite qu’une seule demande à la fois, et répétez-la 2 à 3 fois par jour cette expérience jusqu’à la réalisation sans vous décourager. Vous verrez que votre subconscient travaille, qu’il apporte les solutions aux problèmes les plus compliqués, que vous devenez subitement comme un chef d’orchestre. Le bien que vous demandiez arrive, comme par miracle. Ce mot miracle a été forgé sur des événements réels qui se sont produits, sans explication rationnelle en dehors de la foi ou ici la volonté. La prière la plus profonde doit nous conduire aux larmes, la supraconscience que nous traversons passagèrement nous révèle notre faiblesse et notre médiocrité, en nous aiguillonnant pour nous améliorer. L’humain a toujours rejeté dans l’occulte, le mysticisme, les phénomènes qu’il ne s’explique pas. Même la gravitation de Newton a été diabolisée par l’église à ses débuts, parce que le graviton n’a jamais été découvert (des programmes de recherche sont en cours d'élaboration). Nous avons cependant exploité les équations de Newton avec succès pour conquérir l’espace.


Technique simplifiée

En pratique vous aurez rarement des conditions idéales pour prier et vous relaxer selon la technique indiquée. Ne vous découragez pas pour autant. Même au bureau vous pouvez rester assis sur une chaise ou un fauteuil, desserrer votre ceinture, retirer vos lunettes et votre montre, couper votre téléphone. Vous mettez les paumes des mains sur les genoux tournées vers le ciel. Vous contrôlez votre respiration le mieux possible en la ralentissant. Vous retournez votre langue dans le palais et vous la relâchez et vous vous concentrez entre les deux yeux ou vous verrez toujours un point blanc. Parfois un léger mal de tête apparaîtra et disparaîtra assez rapidement. Une fois détendu vous faites vos demandes. L’exercice peut être de courte durée, l’important c’est de le faire, même de manière imparfaite, pour vous retrouver. Il faut prendre du temps pour s’occuper de soi et de sa conscience. Répéter l’exercice, et vous verrez qu’il deviendra de plus en plus facile de le faire. C’est peut-être pour cette raison que les religions ont des heures de prières journalières fixes.


Exemple de résultat et explication provisoire

Voici le dernier exemple de résultat que j’ai obtenu par la méditation positive : au début du mois de mai 2007, en balayant j’ai ressenti une douleur violente et persistante, qui partait du bas de mon dos et irradiait dans ma jambe et mon bras droit. J’ai eu peur d’avoir une lombalgie, comme dans un passé lointain, et de rester cloué au lit. Trois jours de méditation positive ont suffi pour faire disparaître cette douleur et j’en suis resté étonné. Mais plus étonnant encore, cette technique ne permet pas seulement d’agir pour soi, mais aussi pour les autres. Je pense que l’humain a des facultés supraconscientes, médiumniques, télépathiques, etc, (un mot nouveau est à inventer pour contourner les obstacles sémantiques qui renvoient au charlatanisme) et peut intervenir sur les choses à un niveau plus subtil que notre conscience l’envisage. Ces pouvoirs plus particulièrement présents chez les ascètes ou les saints ont été présentés dans certaines traditions religieuses et parfois caricaturés, citons l’exemple du Christ marchant sur les eaux.

La multiplicité des pratiques religieuses est due aux différentes cultures. Elle ne témoigne pas que chacun de son côté a découvert un ou des dieux dans l’univers. Pourquoi ? L’humanité comme toutes les espèces vivantes à un comportement ou un raisonnement, qui est construit avec un nombre limité d’archétypes ; sortes de briques élémentaires de la pensée qui engendrent les mêmes concepts chez tous les peuples de la terre (le temps cyclique ou linéaire, le patriarcat ou le matriarcat, le raisonnement analogique, etc.) Mais pour être plus précis, voici un exemple concret : J’ai été stupéfait de la similitude symbolique et graphique du Zeus grec (500 avant J-C) et du dieu Tlaloc précolombien (900 à 1300 après J-C), tous les deux à la tête du panthéon personnifiaient les éclairs, la foudre, le tonnerre, la pluie, la fertilité, etc, alors que ces deux civilisations sont en décalage d’environ 1500 ans et issues de deux continents différents. Mais moins surpris quand j’ai réalisé de l’importance de la pluie dans les civilisations agricoles et constaté que la Grèce antique et les peuples précolombiens étaient essentiellement guerriers. Une différence toutefois apparaît dans la représentation du dieu lançant les éclairs ; la Grèce faisait le culte de la beauté et les précolombiens le culte de la laideur.

Mais comment les croyances religieuses ou profanes sont-elles nées ? Prenons l’exemple de l’astrologie : la fin de l’ère glacière est marquée par le réchauffement de la terre, l’apparition (ou réapparition) de l’agriculture et la sédentarisation de certaines peuplades, qui ont commencé à observer la marche du soleil et de la lune et à dresser les premiers calendriers pour mesurer le temps et définir l’époque des semis, des récoltes, etc. Quand les hommes de l’époque découvraient un astre, ils lui donnaient des attributs en fonction de son apparence sensible. C’est ainsi que Vénus qui est la planète et l’astre le plus brillant du ciel est devenu la divinité tutélaire des arts, de la beauté et de l’amour. Mars qui présente des aspects rougeâtres est devenue la planète de l’énergie (feu) et de la guerre. Saturne qui est la planète la plus lente connue des anciens, de faible éclat est devenue la planète du temps, des vieillards, de l’austérité, de la mort. Pour simplifier disons que tout ce qui est beau était doté de vertus, et tout ce qui est laid de défauts. Une pierre qui ressemblait à un poisson appartenait au totem poisson, la porter en amulette, était censé apporter la protection du totem. C’est à l’intérieur de ce paradigme premier de pensée que sont nées les différentes religions polythéistes, le mysticisme, la magie, etc. Et il apparaît que des millions d’années de croyance première ont la vie dure. Nous raisonons le plus souvent à l’intérieur de ce premier paradigme analogique, qui est celui des apparences. Exemple, la publicité présente toujours les produits sous de belles apparences pour éveiller en nous le réflexe inconscient de la vertu. Et l’on n’hésite pas à montrer une jolie jeune femme de préférence sexy ou à demi dévêtue, pour présenter l’efficacité d’une brosse à dent, d’une lessive ou d’un opérateur internet. Et ça marche toujours.

04 juillet 2007

La décroissance économique

La maîtrise de l’énergie travail (vapeur, électrique, pétrochimique, nucléaire), puis de l’information avec l’informatique ont entraîné des révolutions industrielles sans précédent, qui ont progressivement refaçonné le monde et abouti à la mondialisation. Sont apparus la concentration de l’outil de production, la concentration des capitaux, l’apparition du prolétariat puis les syndicats ouvriers pour porter leurs revendications. L’usine et le travail à la chaîne (fordisme et taylorisme) ont confisqué l’outil de production, baissé les qualifications, fait disparaître quantité d’artisans et de travailleurs indépendants, augmenté le chômage. A cela s’ajoute ensuite l’industrialisation de l’agriculture avec les machines et les produits chimiques, la monoculture, qui ont détruit la paysannerie, endommagé la terre, continué à détruire le tissu des échanges locaux, et accru la pauvreté. Les matières premières, véritable dote de l’humanité sont devenues un enjeu stratégique clé pour les grandes puissances industrielles, et le pillage des pays du Sud a été orchestré.

La surproduction est devenue tellement importante, que le pouvoir d’achat des travailleurs n’a jamais suffi pour écouler les produits manufacturés. Les banquiers ont inventé une exploitation supplémentaire, le crédit, qui pille et surendettement les ménages. Les publicistes sont passés maîtres dans la manipulation des masses médias et l’éducation des consommateurs à la surconsommation de biens dont ils n’ont pas besoin. Les grandes fortunes ont acheté les journaux et les grands médias pour mieux asseoir leur emprise psychologique et leur empire militaro-industriel. Mieux encore, ils ont convaincu les politiciens de gauche et de droite que la croissance économique ou du PIB (produit intérieur brut) est la solution pour combattre le chômage. Alors que les causes du chômage ne sont pas conjoncturelles, mais structurelles.

L’idée majoritaire que la stratégie de la force armée est supérieure à toutes les autres stratégies de défense a fait que la recherche et le développement ont été principalement mis au service des recherches militaires. Les progrès de la science ont profité à l’industrie militaire et aux marchands d’armes, et à la surproduction d’objets manufacturés jetables et renouvelables, laissant croire que les ressources naturelles sont inépuisables, et que la pollution et les déchets qui en résultent n’ont aucun prix environnemental.

Sont nées ensuite les ONG pour venir en aide aux nouveaux déshérités du sud de la planète, massacrés ou affamés. Après la décolonisation nous avons inventé le commerce équitable pour venir en aide aux petits exploitants agricoles du Sud. Mais la production agricole pour le Nord empêche les cultures vivrières et les échanges inter-sud de se développer et entretient la misère. Le commerce dit « équitable » devient très inéquitable et anti-écologique quand il importe de l’artisanat du sud vers le Nord. Pendant que l’Afrique piétine dans le sous-développement, l’Occident avec la complicité des dictateurs africains, des paradis fiscaux, poursuit le pillage et le gaspillage des matières premières au nom de la croissance du PNB des pays du Nord et des pays émergeants.

Nous savons que les activités humaines, depuis toujours, engendrent une pollution et des déchets, qui puisent dans les écosystèmes. Mais depuis les années 1980 cette destruction ne permet plus à la terre de renouveler ses richesses naturelles, la biosphère s’appauvrit, quantité d’espèces animales et végétales disparaissent, la terre se réchauffe et bouleverse les climats, l’humanité est menacée. La médecine a amélioré la longévité humaine, mais de nouvelles maladies apparaissent et certaines comme le cancer augmentent de manière inquiétante. Les dépenses de santé progressent plus vite que l’augmentation du PIB. L’accélération du rythme de vie, et la quantité croissante de travail demandée aux cadres et aux salariés, fait que les français sont les plus gros consommateurs d’anti-dépresseurs et de médicaments. Mais le système économique actuel est plus soucieux de vendre des médicaments que de s’occuper des mesures à prendre pour éviter les maladies (prophilaxie).

A cela s’ajoute une fracture sociale entre ceux qui ont la chance d’avoir un travail, si j’ose encore dire et ceux qui n’en n’ont pas. S’ajoute la fracture sociale et économique entre le Nord et le Sud affamé par les dictateurs, l’injustice économique, les guerres organisées, la spoliation de son sous-sol et de son agriculture, etc. Parfois des initiatives humanitaires maladroites enrichissent les dictateurs et entretiennent l’illusion que l’Occident peut avoir la conscience tranquille. Près d’un milliard d’humains manquent de ressources vitales et cent mille d’entre eux meurent du sous développement chaque jour.

Pour maintenir sa capacité de production le Nord où vit 20% de l’humanité accaparent 80% des richesses terrestres en prônant toujours à des fins d’enrichissement outrancier, une croissance économique illimitée sur une terre aux ressources limitées et à la population qui croit de manière exponentielle. Nous sommes dans l’impasse générale tout le monde le sait ou s’en doute. D’aucuns avancent qu’il faut intégrer le déficit environnemental et social dans les indicateurs économiques et ne plus se contenter du PNB (produit national brut) ou du PIB. Mais trop rares sont ceux qui font la corrélation entre la croissance économique et la destruction de la nature, entre l’opulence du Nord et la pauvreté du sud.

Des universitaires ont mis au point dans les années 1990 le calcul de l’empreinte écologique (voir le chapitre sur ce sujet). Il en ressort que si nous voulions étendre le mode de consommation des américains à tous les terriens, il nous faudrait multiplier par cinq les ressources naturelles de la terre afin de soutenir la croissance. Cela signifie en d’autres termes, que pour rétablir l’équilibre Nord/Sud, ces mêmes américains devraient diviser leur consommation ou leur empreinte écologique par cinq et les Français par trois. Les destructions écologiques, qui démontrent que le système économique mondial, qui nous gouverne nous entraîne vers l’asphyxie générale et la disparition de l’espèce humaine ne sont plus un secret pour personne.

Vous commencez peut-être à comprendre pourquoi certains osent parler de la décroissance économique pour les pays industrialisés. Un vrai danger pour les patrons et les politiciens qui prétendent créer de la croissance pour diminuer le chômage et affirment que le pouvoir d’achat qui augmente est bon pour l’économie et le moral des français. Après les publicités fracassantes sur les panneaux, dans les journaux, à la radio, à la télévision, quelle frustration de ne pas être un consommateur zélé et béat , qui pousse son chariot dans les rayons d’un supermarché. La décroissance est aussi une hérésie pour les syndicats ouvriers, qui luttent contre les patrons pour une meilleure répartition du capital et l’augmentation du pouvoir d’achat ; il faut bien consommer pour produire, et plus on produit plus on consomme ; hérésie pour les appareils politiques de gauche marxistes ou trotskistes qui rêvent d’une économie productiviste planifiée ou autogérée.

Vous comprenez pourquoi la majeure partie des antilibéraux à gauche de la gauche, qui sont restés avec la culture des appareils politiques et syndicaux, n’ont aucune prise sur le réel ou le système capitaliste qu’ils dénigrent. La plupart sont des collaborateurs du productivisme et des consuméristes et bon nombre d’entre eux se disent productivistes. Notez que le terme antilibéral est une négation et n’affiche aucune valeur nouvelle de modernité. Les humanitaires aussi grincent des dents en dénonçant cette hérésie qui veut faire décroître la consommation des plus pauvres, voire augmenter le chômage. Les nantis tiennent le même langage pour pas qu’on affaiblisse leur pouvoir bâti sur la valeur de l’argent. Plus grave encore, il existe des écologistes qui sont en faveur du libéralisme économique et de la croissance ; pensant qu’il suffit de produire et d’acheter des écoproduits et de recycler les déchets pour échapper à l’apocalypse environnementale. Si elle est réaliste et solidaire la décroissance n’est pas pour autant populaire.
Qu’est ce que le concept d’objection de croissance ou la décroissance ? C’est une théorie économique que nous devons au roumain Nicholas Georgescu-Roegen (1). Son ouvrage majeur, The Entropy law and the Economic Process est paru en 1971. Inventeur de la bioéconomie, Georgescu-Roegen est l’un des premiers économistes évolutionnistes, à avoir souligné que les ressources terrestres qui sont en quantité limitée, rendaientt impossible la croissance économique des pays industriels à l’infini. Il a introduit le concept de la décroissance dans l’économie moderne, et proposé la décroissance du PNB des pays industrialisés ; certains parlent aujourd'hui de « décroissance soutenable ». Il ne s’agit pas de faire décroître la consommation des plus pauvres d’entre nous, mais de baisser la consommation moyenne des pays riches pour les ramener à une empreinte écologique respectueuse de la biosphère, afin d’atteindre une répartition équitable et un contrôle de la dote terrestre. Notons que le concept d’empreinte écologique est apparu dans les années 1990 et que Nicholas Georgescu-Roegen est décédé en 1994. (voir le chapitre sur l’empreinte écologique).

Les valeurs suivantes de la société libérale capitaliste sont à changer : surexploitation des ressources naturelles et des hommes ; surproduction industrielle ; ghettoïsation des plus pauvres dans des quartiers et racisme social ; déséquilibre Nord/Sud ; augmentation croissante des dépenses de santé ; augmentation du transport individuel routier, du transport de marchandises et des personnes ; mensonge et matraquage publicitaire ; appropriation des journaux et des médias par les grandes fortunes ; surconsommation de masse ; surarmement ; surendettement des consommateurs et de l’Etat ; surproduction de déchets et pollution de l’environnement ; surcapitalisation boursière ; surprofit des actionnaires et des patrons ; augmentation de la fracture sociale (quart et tiers monde). Nous pourrions augmenter la liste.

Les solutions passe par la réduction de l’exploitation des ressources naturelles et leur meilleure répartition ; le développement des énergies renouvelables ; la fin de la concentration des moyens de production par la relocalisation des outils (artisanat, paysannerie, etc.) et des échanges économiques ; la redistribution en parcelle des terres agricoles aux paysans ; une agriculture biologique ; la réduction des transports de marchandises ; l’augmentation des transports en commun ; la mixité sociale ; une production de meilleure qualité et d’écoproduits durables et recyclables ; la réduction de la pollution de l’environnement ; une publicité discrète qui ne cultive pas les envies des consommateurs, mais qui vante les valeurs éthiques et écologiques des écoproduits ; une consommation de qualité qui repose sur les besoins du consommateur ; la démystification de la consommation qui n’est pas la seule utopie du bonheur ; le désendettement des consommateurs et de l’Etat ; des médias indépendants des puissances de l’argent ; la fin de la capitalisation boursière et des prises de risques économiques inconsidérés ; le désarmement des nations au profit d’une armée onusienne ; une meilleure répartition des richesses ; l’avènement d’une société solidaire et responsable ; l’amélioration de la santé ; la baisse des dépenses publiques ; le développement de l’amitié entre les peuples ; l’arrêt de la spoliation et l’aide au Sud ; à l’identique du programme de la station orbitale internationale, une internationalisation du domaine de la recherche et du développement soutenable ; etc.

Remplacer la logique de la surexploitation et du profit, par le respect de l’humain et de la nature, résume presque ce vaste programme. Mais dénoncer un modèle économique ne suffit pas pour transformer le monde. Même si les institutions et la politique économique sont à réformer, nous ne devons pas attendre en nous croisant les bras. Il devient urgent de prendre d’autres orientations. Les partisans de la décroissance économique avec d’autres composantes qui partagent leur sensibilité, agissent au sein des collectifs et d’associations pour mettre en place des alternatives qui oeuvrent pour des nouvelles valeurs sociétales, entreprendre des luttes non-violentes pour faire respecter les droits humains et de la nature (principe de précaution).

Ainsi ce que l’on appelle la décroissance, prône pour le maintien de l’équilibre de la vie par un meilleur contrôle des activités humaines. Les objecteurs de croissance ne veulent pas remplacer l’économie productiviste libérale par une économie productiviste autogérée par le prolétariat. Ils ne veulent pas non plus que la production productiviste offre soudainement des écoproduits recyclables sans se soucier de l’empreinte écologique et sociale qu’elle engendre sur terre. Cependant, considérant que l’empreinte écologique est calculée sur la base de la population mondiale et de la biocapacité de la biosphère, la démographie humaine exponentielle actuelle ne permet pas de stabiliser l’empreinte écologie des humains, et d’avoir une économie décroissante. Une fois que l’équilibre économique entre le Nord et le Sud sera établi, l’humanité doit parvenir rapidement à limiter les naissances, pour stabiliser la démographie.

Le rôle de l’humanité n’est pas de précipiter sa propre perte en développant et généralisant sur terre une économie incontrôlée et mortifère, qui pourrait anéantir de manière irréversible la nature, si nous ne changeons pas de cap. Le mal économique est dans la mondialisation et relève peut-être d’un problème psychologique humain, d’un processus d’humanisation encore non abouti ; l’homo économicus c’est substitué à l’homo sapiens attendu. Les partisans de la décroissance économique veulent vivre dans un monde responsable et solidaire, qui permettra à la nature de se renouveler, aux générations futures d’exister, au sud de se développer, en écartant le spectre d’une apocalypse écologique. Rentrer en décroissance signifie, moins et mieux produire pour moins et mieux consommer. Nous devons travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler. Les citoyens convaincus doivent faire pression par des actions de non-violence sur les institutions onusiennes ou les autres instances internationales pour que des mesures rapides de correction économique soient prises. La Révolution de la décroissante économique ou la grande Réforme économique qui s’impose sera autant difficile à gagner, que la révolution copernicienne. Les grands réformateurs de la pensée ont prouvé qu’à chaque étape de son histoire l’humanité pouvait avancer. Gandhi qui a délogé les Britanniques de l’Inde a démontré, que rien n’est impossible sur terre (voir le chapitre sur la non-violence).

(1)Nicholas Georgescu-Roegen (1906 – 1994) est né en Roumanie et décédé aux USA. Il passe sa thèse de docteur en statistique en 1930 à la Sorbonne. Il enseigne à l'université de Bucarest et furtivement à Strasbourg, 1977-1978 et à l'Iued de Genève en 1974, et occupe d'importants postes dans la fonction publique de son pays. Sa rencontre avec son maître J. Schumpeter à Harvard au milieu des années 1930 l'oriente vers la science économique. Il émigre aux États-Unis en 1948 où il fait une carrière de professeur d'écono­mie à l'université Vanderbilt de Nashville (Tennessee). Son livre majeur, The Entropy Law and the Economic Process, a été publié en 1971. Son oeuvre est présentée et commentée sur internet sur les Sites:
http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html
http://www.decroissance.org/index.php?chemin=textes/grinevald

21 septembre 2006

La non-violence conférence sept-2006

Manuscrit de préparation
de la Conférence sur La Non-violence

de Jean-paul Alonso, réalisée le 17 septembre 2006
pour le CCFI de Le Mée-sur-seine (77)


Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour, et merci d’être venu.


Cette conférence a été préparée dans le courrant des mois d’août et septembre 2006. Elle a pour objet de vous présenter le concept de La non-violence. Mon exposé durera environ 1h, et sera suivi d’un débat.
J’avise que certaines informations peuvent choquer des personnes sensibles ou fragilisées.


L’origine du mot " non-violence "

La non-violence selon le dictionnaire Larousse est une " Action politique qui refuse le recours à la violence en quelque circonstance que ce soit ". Le terme non-violence était absent des dictionnaires occidentaux avant 1924. Il nous vient de l’Inde, grâce à Gandhi et aux articles publiés en occident par Romain Rolland sur ses différents combats en Inde. Non-violence est tirée du mot sanscrit " ahimsa " qui signifie " ne pas nuire " ou " non-nuisance ". Des chercheurs (11) p81précisent qu’en sanscrit les mots composés avec le préfixe " a " privatif ne désignent pas tant la notion niée, que la qualité positive qui leur est contraire ; ainsi en sanscrit " abhaya ", littéralement " non-peur ", signifie " courage ". L’Ahimsa est donc aussi une impulsion positive qui pousse à respecter la vie et à construire la paix.

Gandhi n’était pas un adepte d’une religion appelée " la non-violence ", il écrit à ce sujet (9) p26 " …je l’ai présentée comme une méthode politique destinée à résoudre des problèmes politiques … " et Nehru écrit au sujet de la libération de l’Inde " on a dit que l’action non-violente était une chimère, elle a été, ici, le seul moyen réel d’action politique.

Gandhi précisera ce moyen d’action en inventant le mot " satyagraha " vers 1907 lors de sa lutte contre la " loi asiatique " durant laquelle il demande aux Indiens du Natal de désobéir collectivement à cette loi en s’abstenant de toute violence envers les autorités britanniques. Au début, il emploie le terme " résistance passive ", terme encore souvent employé par la presse (Le Monde 15/02/1993) pour désigner par exemple les luttes au Kosovo d’Ibrahim Rugova parfois qualifié de " Gandhi albanais ".

Le mot satyagraha est composé de " satya " qui signifie " vérité " et de " graha " qui signifie " saisie ", on le traduit par " force de la vérité " ou " voie de la vérité ". Les personnes engagées dans les luttes non-violentes seront appelées les " satyagrahi ". C’est bien en dénonçant l’injustice, en mettant à jour la vérité devant l’opinion publique grâce aux médias, que Gandhi et les autres leaders non-violents comme Martin Lutter King, réussissent à faire plier les autorités. Si la vérité n’était pas dans le camp des manifestants, mais dans celui de l’adversaire, les manifestants seraient incapables de mobiliser l’opinion publique en leur faveur et ils perdraient leur lutte. Le facteur de la vérité est fondamental dans les luttes non-violentes.


La non-violence et la religion

Certaine religion comme le jaïnisme en Inde, qui a 2500 ans exclue toutes les formes de violence imaginable et prône la non-violence absolue à l’égard de tous les êtres vivants. Le premier des cinq voeux des moines jaïns est de ne " pas nuire aux 5 catégories d’êtres vivants " conformément au principe fondamental de l’ahimsa (15). La communauté jaïne nous apporte la preuve que des sociétés humaines peuvent traverser des millénaires en étant végétalienne ou végétarienne et en respectant la vie sous toutes ses formes. Mais la plupart des religions n’excluent pas le fait de tuer, bien au contraire, certaines pratiquent des sacrifices d’animaux et ne s’opposent pas à la peine de mort.

Le texte religieux hindou le plus connu, la Bhagavad-gita, rapporte les propos qu’échangèrent le prince Arjuna de la caste des guerriers, et son cocher Krishna avant une immense bataille. Arjuna éprouve un profond désarroi, quand, de son char, il découvre les visages familiers de ceux qu’il doit combattre. Krishna l’encourage à combattre au nom de sa caste, alors qu’Arjuna animé de bienveillance, s’interroge jusqu’à la dernière minute, armé sur son char, de l’utilité de la violence et du meurtre. Au terme d’un long et merveilleux dialogue qui prêche la non-violence, Arjuna décide de combattre au nom des devoirs de sa caste.

Le terme arabe " Jihad " signifie " Effort dans la voie de Dieu ". Il a donné par extension, " guerre sainte " vers 622-632, époque où le prophète Mahomet voulait mettre un terme aux persécutions de ses adversaires, qui interdisaient l’accès des lieux saints de La Mecque aux musulmans. Mahomet déclarait " Nous venons d’un jihad mineur, nous allons maintenant vers un jihad majeur " (jihad al akbarf). Le jihad majeur est un effort continu d’auto-discipline contre l’avarice et la cupidité, la peur et la lâcheté, la tyrannie et l’ignorance, la soumission aux désirs et aux passions " selon M.S. Al Ashnawy. (12) p660 et 665.
Le terrorisme de masse d’Alkaïda tend à faire passer la religion musulmane pour violente. Or Le verset 34 de la sourate 41 du Coran témoigne le contraire "….Rends le bien pour le mal, et tu verras ton ennemi se changer en protecteur et ami."

Dans l’Ancien Testament le 5ème commandement de Dieu dit " Tu ne tueras point… ", mais dans l’Exode (20 :24) Dieu dit " Tu devras me faire un autel de terre et sur lui tu devras sacrifier tes holocaustes… "
Au sujet de la loi du Talion Gandhi disait : œil pour œil rendra le monde aveugle.
Dans le Nouveau Testament l’épître de Paul aux Romains dit de l’autorité politique " Mais si tu fais le mal, crains, car ce n’est pas pour rien qu’elle porte l’épée… "

L’apôtre Mathieu (début de nè) dans le nouveau testament donne la bonne réponse à la violence (5 :38) " Vous avez entendu qu’il a été dit " œil pour œil dent pour dent " (5 :39) Or moi je vous dit : ne vous opposez pas à celui qui est méchant ; mais à celui qui te gifle sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre (5 :40) Et si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ton vêtement de dessous, abandonne-lui aussi ton vêtement de dessus… " Le verset qui suit exprime le pouvoir du don de soi (9 :6) " Mais pour que vous sachiez que le fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les pêchés….alors Jésus dit aux paralytiques : " Lève-toi, prend ton lit et va dans ta maison (9 :7) Et il se leva et s’en alla dans sa maison "

Le verset 129 du Dhamapada des bouddhistes répond au problème de la violence ainsi : " Tous tremblent devant le bâton - Tous craignent la mort - Que l’on s’identifie avec autrui – Ressentant ce qu’il ressent – Et l’on ne tuera pas – L’on n’incitera pas à tuer "

Le don de soi est purificateur, il annihile le mal comme moyen d’action, il appelle à l’apaisement et au dialogue en libérant l’oppresseur ou le malade de sa propre peur, de son insuffisance et de son isolement. Il ne faut jamais se laisser gagner par la contagion de la peur, et le mimétisme de la violence qui en découle. Nous savons cependant, que l’amour n’est pas la panacée, qui écarte la guerre, et que la non-violence est inopérante quand elle ne s’inscrit pas dans une stratégie d’action.

Tolstoï, converti à sa doctrine en 1874, est parfois qualifié d’anarchiste chrétien. En vrai disciple du Christ, il s’oppose aux églises pour revenir à la doctrine primitive, qui est aux antipodes du christianisme dogmatique. La loi du Christ dit-il, c’est l’amour altruiste, celle qui écarte totalement la violence. La hiérarchie politique et le clergé bafouent l’égalité des fils de Dieu. Il dénonce l’effet corrupteur de tout pouvoir (des monarchies absolues ou constitutionnelles, des Empires, de la Commune, des Républiques, de la Convention ou des Consulats) Il réclame l’abolition des intérêts personnels au nom de l’évangile et du mir : cette communauté rurale russe où tous travaillent d’un commun accord sans se préoccuper de leurs avantages personnels. (13)

Tolstoï a influencé les mouvements anarchistes vers 1900. " L’invitation de Tolstoï adressée aux intellectuels de se " simplifier " et aux artistes de considérer l’art comme " l’organe de la vie " a séduit. Mais son postulat de la non-violence, étranger à la mentalité européenne, était perçu comme un encouragement du mal. En 1910, deux mois avant sa mort Tolstoï écrit à Gandhi à Johannesburg au sujet de ses luttes non violentes " Votre activité au Transvaal, qui semble pour nous au bout du monde, se trouve cependant au centre de nos intérêts ; elle est la plus importante de toutes celles d’aujourd’hui sur la terre. " (13) p58

Le facteur religieux à jouer un rôle important dans les luttes non-violentes. Gandhi était considéré comme un saint en Inde. Il avait recours fréquemment à la prière et au jeûne, et réunissait parfois jusqu’à 500 mille personnes de plusieurs confessions pour la prière. Il s’adressait aux hindous en lisant la Bhagavad-Gita, aux musulmans en lisant le Coran, aux chrétiens en lisant la Bible, etc.
Le pasteur Martin Luther King était un grand prédicateur. La religion a joué aussi un rôle important dans les luttes contre le communisme pendant la guerre froide et aux philippines plus récemment contre la dictature de Ferdinand Marcos.


La non-violence et la loi

Dans les régimes totalitaires les révoltes populaires ne peuvent pas porter leurs fruits sans l’appui international des nations qui reconnaissent les droit de l’homme. Le printemps de Prague en 1968 ou la manifestation des étudiants chinois sur la place de Tien An Men en 1989, ont été sévèrement réprimés par le totalitarisme communiste soviétique et chinois. Si le droit est utile, il ne doit pas se faire sans la morale.

Nos textes juridiques parlent " d’emploi de la force " ou " des forces de l’ordre " pour " emploi de la violence armée" et l’exercice de la justice c’est longtemps effectué par l’emploi de la torture, de l’enfermement et de la mise à mort, et ces pratiques persistent dans bon nombre de pays qui ne respectent pas les droits de l’homme. Pourtant la loi est censée protéger les humains contre les violences, les inégalités, le vol, et les crimes, etc.

La non-violence est illustrée aussi par les luttes sociales, souvent réprimées par la violence. Ces luttes ont péniblement abouti à la proclamation des droits de l’homme en 1789, à la déclaration universelle des droits de l’homme et à l’abolition de l’esclavage en 1848, aux droits de la femme en 1944, puis aux droits de l’enfant le 20 novembre 1989. La peine de mort a été abolie en France en octobre 1981, mais elle persiste dans de nombreux pays. Le droit de vote des femmes en France a été obtenu en 1944 alors qu’il a été obtenu en 1893 en Nouvelle-Zélande.
La désobéissance aux lois injustes qui bafouent les droits de l’homme s’appèlent la désobéissance civique ou civile. Elle est en accord avec les articles 33-34-35 de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 :
Article 33 : La résistance à l'oppression est la conséquence des autres droits de l'homme.
Article 34 : Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
Article 35 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. (14)

" On sait depuis le procès de Nuremberg, que la désobéissance civique peut être une vertu lorsqu'il s'agit de résister à un ordre injuste….. le général de Gaulle… fût condamné à mort pour désertion par les tribunaux du régime de Vichy... Et il n'est pas inutile de rappeler que notre république est fille d'une insurrection et que notre droit s'est construit en grande partie sur des désobéissances à la loi, que ce soit le droit du travail et le droit de grève, la loi sur l'objection de conscience, etc. " (14)

La valeur juridique de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, a été reconnue par le Conseil constitutionnel le 16 juillet 1971.

Le 12 janvier 2006, le tribunal correctionnel de Versailles prononçait la relaxe des neuf membres de la Confédération paysanne, poursuivis pour le fauchage de Guyancourt (22 juillet 2003), au nom de "l’état de nécessité" selon l’article 122-7 du code pénal et la Convention européenne des droits de l’homme. Les sociétés Pionner, Monsanto et Geves, ont été intégralement déboutées de leurs demandes de dommages et intérêts.
Cette décision confirme une décision équivalente, rendue par le tribunal d’Orléans, le 9 décembre 2005 (15)

l’article 122-7 du code pénal " Lorsqu'une personne qui, sans avoir été agressée, se trouve dans une situation où un danger imminent qui menace la sauvegarde d'un intérêt supérieur, et que ce danger peut être écarté par la commission d'une infraction, cette personne se trouve face à un choix difficile. La loi dans certaines conditions va rendre irresponsable l'auteur de l'infraction salvatrice, parce que son auteur n'a aucune intention de nuire... " Une autre interprétation dit " l'état de nécessité, c'est l'état d'une personne qui, sans avoir été agressée, commet une infraction pour échapper à une menace ou un danger qui la menace ou pour faire échapper un tiers à un danger qui le menace. On est donc en présence d'une personne qui doit subir un danger ou commettre une infraction pour éviter ce danger. " (16)

Le principe de précaution est apparu dans le traité de l'Union européenne de Maastricht en 1992, et la Conférence de Rio la même année. La France a reconnu ce principe en 2005 dans la Charte de l’environnement. L’article 5 dit.
" Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. " (17)


La violence de la civilisation

La violence s’exprime dans les guerres, les famines, la publicité, le langage quand on dit " un SDF " par exemple, la pollution qui menacent la nature, la ségrégation des sexes, la répartition inégale des richesses entre le Nord et le Sud et les citoyens d’un même pays, les classes sociales, le sectarisme religieux, les castes hindoues vis à vis des intouchables, le racisme, etc, etc.

Voici quelques chiffres : (15)
De 3600 av nè à nos jours (1962) près de 4 milliards d’êtres humains sont morts dans les guerres ou les génocides, alors que 74 milliards (80-6) d’humains ont vécu depuis l’aube de l’humanité.
La traite négrière et l'esclavage aurait fait entre 60 à 600 millions de victimes selon les sources.
1 million de personnes se sont suicidées en 2004 dans le monde (source : OMS) :
Le nombre de suicides déclarés en France était de 7834 en 1970 ; 10405 en 1980 ; 11403 en 1990 et 11 819 en 2000. 60 642 personnes ont fait une tentative de suicide en France en 2001, dont 66%de femmes.
Les viols déclarés et constatés ont été de 7 828 viols en 1998 ; 8 458 viols en 2000 et : 9 574 viols en 2001
Il y a eu en 1996 dans le monde, 400 000 tués sur la route et 12 millions de blessés.

Voici quelques extraits des faits saillants d’un rapport de la FAO (de 1999) qui est l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (Food and agriculture organization of the UN, FAO) :
" Au Soudan, malgré les perspectives de récoltes prometteuses, plus de 2 millions de personnes dans le sud continuent de dépendre de l'aide alimentaire d'urgence en raison de la guerre civile.…. Au Rwanda, malgré l'augmentation générale de la production alimentaire au cours de la dernière campagne, on signale des pénuries alimentaires graves dans plusieurs régions et quelque 900 000 rapatriés auraient besoin d'une aide alimentaire d'urgence…. Au Burundi, les problèmes d'approvisionnements alimentaires se sont aggravés en raison de l'escalade récente de la violence dans certaines régions qui a provoqué de nouveaux déplacements de populations et la suspension de l'aide alimentaire internationale. La situation alimentaire et sanitaire de quelque 821 000 personnes vivant dans des camps privés d'eau potable et de sanitaires, et où les conditions de vie sont donc extrêmement difficiles, est très préoccupante…. En Somalie, les effets de la sécheresse ont été aggravés par la recrudescence du conflit civil qui a entraîné le déplacement d'un grand nombre de familles agricoles et l'interruption des activités agricoles et de l'aide humanitaire aux populations affectées. Près de 1,6 million de personnes à Mogadishu, dans le Bas et le Moyen Juba, dans certaines régions de Gedo et du Bas Chébéli sont inaccessibles pour les organisations humanitaires…. En Éthiopie, les estimations officielles établissent à 7 millions le nombre de personnes qui ont besoin d'une aide alimentaire,…"

Dans son rapport de 2003, l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation (FAO) signalait un recul dans le combat contre la faim. Pour atteindre l'objectif du Sommet mondial de l’alimentation de 1996, c’est à dire réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde d'ici 2015, il faudrait accélérer le rythme des réductions annuelles pour le porter à 26 millions par an, soit plus de 12 fois la cadence à laquelle on est parvenu jusqu'à présent (2,1 millions par an).

La FAO estime qu’il y avait 842 millions de personnes sous-alimentées de 1999 à 2001 dans le monde, dont 10 millions de personnes dans les pays industrialisés. (18)


Dénonciation de la violence structurelle (19)

Jean Ziegler est écrivain, ex-député socialiste suisse, aujourd’hui rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de la commission de l'ONU. Il a publié aux Editions Fayard en mars 2005 l'Empire de la Honte. Un livre qui dénonce avec panache la violence structurelle imposée par les civilisations occidentales au tiers monde. Il appelle " les cosmocrates ", les nouveaux capitalistes planétaires qui gouvernent le monde.

Voici quelques extraits d’une Interview réalisée par Gian Paolo Accardo :
Votre livre s'intitule L'Empire de la honte. Quel est cet empire ? Pourquoi "de la honte" ? Quelle est cette honte?
Dans les favelas du nord du Brésil, il arrive aux mères, le soir, de mettre de l'eau dans la marmite et d'y déposer des pierres. A leurs enfants qui pleurent de faim elles expliquent que "bientôt le repas sera prêt…", tout en espérant qu'entre-temps les enfants s'endormiront. Mesure-t-on la honte éprouvée par une mère devant ses enfants martyrisés par la faim et qu'elle est incapable de nourrir ?
Or l'ordre meurtrier du monde - qui tue de faim et d'épidémie 100 000 personnes par jour, ne provoque pas seulement la honte chez ses victimes, mais aussi chez nous, Occidentaux, Blancs, dominateurs, qui sommes complices de cette hécatombe, conscients, informés et pourtant, silencieux, lâches et paralysés. L'empire de la honte ? Ce pourrait être cette emprise généralisée du sentiment de honte provoqué par l'inhumanité de l'ordre du monde. En fait, il désigne l'empire des entreprises transcontinentales privées, dirigées par les cosmocrates. Les 500 plus puissantes d'entre elles ont contrôlé l'an passé 52 % du produit mondial brut, c'est-à-dire de toutes les richesses produites sur la planète.
……………….
Vous parlez également d'une "agonie du droit". Que veut dire cette formule?
Jean Ziegler : Désormais, la guerre préventive sans fin, l'agressivité permanente des seigneurs, l'arbitraire, la violence structurelle règnent sans entraves. La plupart des barrières du droit international s'effondrent. L'ONU elle-même est exsangue. Les cosmocrates sont au-dessus de toute loi. Mon livre fait le récit de l'effondrement du droit international, citant de nombreux exemples tirés directement de mon expérience de rapporteur spécial des Nations unies, pour le droit à l'alimentation.
…………..
Certains pays sont écrasés, dites-vous, par une "dette odieuse". Qu'entendez-vous par "dette odieuse" et quelles solutions préconisez-vous ?
Jean Ziegler : Le Rwanda est une petite république paysanne …, située sur la crête de l'Afrique centrale séparant les eaux du Nil et du Congo, et cultivant le thé et le café. D'avril à juin 1994, un génocide effroyable, organisé par le gouvernement hutu allié à la France…, a provoqué la mort de plus de 800 000 hommes, femmes et enfants tutsis. Les machettes ayant servi au génocide ont été importées de Chine et d'Egypte, et financées, pour l'essentiel, avec l’argent1 du Crédit Lyonnais. Aujourd'hui, les survivants, des paysans pauvres comme Job, doivent rembourser aux banques et aux gouvernements créanciers jusqu'aux crédits qui ont servi à l'achat des machettes des génocidaires. Voilà un exemple de dette odieuse. La solution passe par l'annulation immédiate et sans contrepartie ou, pour commencer, par un audit de celle-ci, comme le préconise l'Internationale socialiste ou comme l'a fait au Brésil le président Lula, pour ensuite la renégocier poste par poste. Dans chaque poste, il y a en effet des éléments délictueux, corruption, surfacturation, etc. - qui doivent être réduits...
Note 1 " par le du Crédit Lyonnais " a été ici modifié
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Dans votre livre, vous faites très souvent référence à la Révolution française et à certains de ses protagonistes (Danton, Babeuf, Marat…) : en quoi estimez-vous qu'elle a encore quelque chose à apporter, deux siècles après et dans un monde bien différent?
Jean Ziegler : Lisez les textes! Le Manifeste des Enragés de Jacques Roux fixe l'horizon de tout combat pour la justice sociale planétaire. Les valeurs fondatrices de la république, mieux, de la civilisation tout court, datent de l'époque des Lumières. Or l'empire de la honte détruit jusqu'à l'espérance de la concrétisation de ces valeurs. (fin de citation)



La grève générale pour la paix internationale et peut-être plus !

L’histoire vaut ici un détour,
Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du travail est créée en 1895. En 1906, la CGT adopte la " charte d’Amiens " qui supprime le lien organique entre partis politiques et syndicats. Cependant les anarcho-syndicalistes et les socialistes de l’époque s’entendent sur les moyens à mettre en oeuvre pour mettre un terme aux guerres en europe.

Les socialistes Jean Jaurès et Édouard Vaillant font adopter la même année (1906) par la SFIO : " la nécessité d’une action contre la guerre dans chaque pays, début de citation : " par tous les moyens depuis l’intervention parlementaire, l’agitation publique, les manifestations populaires jusqu’à la grève générale ouvrière et l’insurrection " Cette position valut à la SFIO les vives attaques de la grande presse " possédée par les grands propriétaires. Les socialistes partisans de Jules Guesde considéraient qu’il n’y avait pas lieu de combattre le militarisme et le capitalisme séparément.(3)

Poussez par le nationalisme et le bellicisme, " depuis 1901, les pays européens avaient dépensé des sommes importantes dans l’armement. " (15 p660)
La guerre éclate, et " pour les militants ouvriers, la déception est immense de constater que le prolétariat mondial n’a pas réussi à enfermer la bourgeoisie dans l’alternative : la paix ou la grève générale internationale…
Le bilan la guerre 14-18 est lourd. Il y a eu 8,6 millions de morts et 6 millions d'invalides. La France a perdu 1,4 million de militaires, soit 10% de sa population active masculine. Et La 2ème guerre mondiale de 39-45 a fait 38 millions de morts, et la France a perdu 210 700 militaires et 330 000 civils. Près de 6 millions de juifs ont été exterminés par les nazis, sur les 8,6 millions recensés.

A partir de la fin des années 50, quelques chercheurs scandinaves et anglo-saxons cherchent à élaborer " un système de défense fondé sur l’organisation planifiée de la résistance non-violente de toute la population " (11) p101 L’hypothèse est qu’un envahisseur armé ne peut pas s’imposer durablement sans la collaboration active ou résignée, d’une partie de la population. Des exemples de résistance civile non-violente existent comme : la mise en échec du putsch monarchique de Kapp à Berlin, en 1920, par la grève ordonnée par les syndicats ; la grève générale de la Ruhr en 1923, pour mettre en échec à l’occupation franco-belge ; les 6 jours de la résistance tchèque en août 1968, contre les soviétiques. p106 En 1984 la France a demandé une étude qui sera publiée en 1985, sous le titre La dissuasion civile. Elle visait surtout à contrer une invasion soviétique après une défaite armée dans le contexte de la guerre froide. Elle s’inscrivait dans une stratégie globale où la violence n’est pas exclue.

Sur un plan théorique, la résistance non-violente et la résistance armée ne peuvent pas fonctionner en même temps, il faut choisir l’une ou l’autre. Les deux stratégies procèdent d’une mentalité ou d’un comportement psychologique différent et peut-être aussi de valeur sociétales différentes.
L’annulation récente du service militaire en France, et la professionnalisation des armées, qui est son corollaire, vont dans le sens opposé d’une responsabilisation des citoyens pour mener une résistance civile. En plus notre société cultive l’individualisme et présente le matérialisme et la compétition entre les individus comme la seule utopie du bonheur. C’est toute l’échelle de nos valeurs qui est à revoir. La non-violence et la dissuasion civile devraient être enseignées, dès la maternelle en utilisant des jeux.


Voici quelques figures de la non-violence

Henry David Thoreau est né le 12 juillet 1817 à Concord dans le Massachusetts aux États-Unis et est mort 6 mai 1862 dans la même ville. Diplômé de Harvard, c’est un essayiste, un mémorialiste et un poète américain.
Thoreau refuse de payer la part de l'impôt destinée à financer la guerre contre le Mexique en vue de l'annexion du Texas, fait pour lequel il a passé une nuit en prison. Il s'opposait également à la politique esclavagiste des États du Sud, au traitement injuste infligé à la population amérindienne.
Le 16 janvier 1848, Thoreau fait une conférence au Lyceum de Concord intitulée "Les droits et les devoirs de l'individu en face du gouvernement". Le texte sera publié l'année suivante sous le titre " La Désobéissance civile " (Resistance to Civil Government). Il aurait été plus judicieux de traduire le terme par désobéissance civique. Son essai a inspiré Tolstoï, Gandhi, Martin Luther King, et bien d’autres activistes non-violents.

Gandhi (Mohandas Karamchand) est né à Porbandar dans le Goujerat en Inde le 2 octobre 1869, et a été assassiné à New Delhi le 30 janvier 1948, par un extrémiste hindou. Gandhi a remporté des luttes contre la ségrégation des indiens en Afrique du Sud et faire respect leurs droits civiques. Il a lutté contre la domination économique de l’Inde par l’empire britannique, et a conduit son pays à l’indépendance en 1947.

J’ai relevé des éléments dans l’autobiographie (2) de Gandhi, que je vous présente comme faisant partie des actes fondateurs de sa conscience politique.
Gandhi était originaire du Gougerate région de l’Inde qui possède une grande population jaïne, mais il était de tradition vishnouite et de la caste des marchands. Son père qui a été ministre du Gougerate recevait parfois des sages jaïns dans sa maison.

Sur sa mère il écrit (ch I, 1ère partie p11) " De ma mère, ma mémoire garde surtout l’impression d’une sainte.... Son choix allait aux vœux les plus difficiles....Deux ou trois jeûnes consécutifs n’étaient rien pour elle "

Un chapitre (XII 1ère partie) intutilé " Excommunié " est consacré à l’excommunication que Gandhi a du subir de la part des membres de sa caste, avant de s’embarqué pour l’Angleterre en septembre 1888, pour faire des études de droit. L’Angleterre était pour les hindous un lieu de perdition et de dépravation.

Un Chapitre (XX 1ère partie p86 1889-1890) s’appelle " Rencontre avec la religion " Gandhi écrit " Vers la fin de ma seconde année de séjour en Angleterre, le hasard me fit rencontrer deux théosophes, frères et célibataires tous deux. Il me parlèrent de la Bhagavad-Gitâ...et ils m’invitèrent à l’étudier....p89 Vers la même époque, je fis la connaissance d’un excellent chrétien de Manchester, dans une pension de famille végétarienne. Il me parla du christianisme.... " Je suis végétarien ", me dit-il. " Je ne bois pas. Certes, beaucoup de chrétiens s’adonnent à la viande et à la boisson ; mais l’écriture n’enjoint ni d’être carnivore, ni de toucher à l’alcool. Je vous pris lisez la Bible." Gandhi explique que l’Ancien Testament l’ennuya, mais il écrit " … le Nouveau Testament produisit sur moi une tout autre impression, notamment le Sermon sur la Montagne, qui m’alla droit au cœur. Je le comparait à la Bhagavad-Gitâ " et Gandhi site le verset de 5 :39 de Mathieu que nous avons déjà vu " Or moi je vous dis : ne vous opposez pas à celui qui est méchant ; mais à celui qui te gifle sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre " Durant cette période Gandhi lira de nombreux textes religieux dont le Coran et un livre sur la vie du prophète Mahomet qu’il affectionnera particulièrement. Voir p 199

En Afrique du Sud en 1893 (ch VIII, 2ème partie p142), dans la gare de Maritzburg, capitale du Natal vers 9h du soir un voyageur blanc monta dans son compartiment de première classe, et le fit expulser par la police dans l’espoir de le voir voyager en troisième classe avec les hommes de couleur. Mais Gandhi traumatisé laissera repartir le train et se réfugiera dans la gare, il écrit " C’était l’hiver, et l’hiver est terriblement froid dans les régions élevées de l’Afrique du Sud. Maritzburg est à haute altitude ; le froid mordait. Mon pardessus était resté avec mes bagages, mais je n’osais pas le réclamer, de peur de me faire insulter de nouveau. Je restais donc assis, à grelotter... ". Gandhi, comme tous ceux de sa race a été victime d’autres actes de racisme odieux.

Il dit encore (ch I, 2ème partie p114)" Trois modernes ont marqué d’un sceau profond ma vie et ont fait mon enchantement : Râychandhâi, par son contact vivant ; Tolstoï par son livre, Le royaume de Dieu est en vous ; et Ruskin pour son livre, Jusqu’au dernier (Unto this last)." Ruskin né en 1819 mort en 1900 est un théoricien de l’art, qui a écrit sur la morale sociale et l’économie politique, son livre paru en 1862, est un recueil de conférences sur ces derniers sujets. Gandhi lut ce livre d’un trait, et il écrit " De johanesburg à Durban, le parcours prend 24 heures. Le train arrivait le soir. Je ne pus fermer l’œil de la nuit. Je résolus de changer ma vie en conformant ma nouvelle existence aux idées exprimées dans cet ouvrage... p379 Je crois que ce livre immense de Ruskin me renvoya alors, comme un miroir, certaines de mes convictions les plus profondes " Gandhi lit Le royaume de Dieu est en vous de Tolstoï en 1893. Il écrit " J’en gardais une impression inoubliable. Devant l’indépendance de pensée, la profondeur des vues morale, l’impression et le souci de vérité de ce livre.... " Gandhi a lu également le livre de Thoreau.

Martin Luther King (Le révérend ou pasteur baptiste ) est né à Atlanta le 15 janvier 1929, il a gagné des luttes contre le racisme aux Etats-Unis. King était inspiré par l'œuvre de Gandhi, il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1964. Il a été assassiné le 4 avril 1968 à l'âge de 39 ans à Memphis dans le Tennessee, alors qu’il préparait une marche locale avec le syndicat d'ouvriers noirs de l'hygiène de la ville qui était alors en grève.

Lanza del Vasto (Joseph) est né le 29 septembre 1901 en Italie, et est décédé 1981 en Espagne. Lanza passe un doctorat de philosophie sur " La Trinité de l’Esprit " ; écrivain et poète, il est aussi artiste plasticien. Après sa rencontre avec Gandhi en 1937, il devient un activiste chrétien non-violent. Il a fondé la Communauté de l’Arche sur le modèle des ashrams de Gandhi. Il est convaincu comme Gandhi, de l'urgence à militer pour le dialogue interreligieux, et le réveil spirituel, mais aussi pour l'action écologique et surtout, la non-violence. Voici ses principaux combats non-violents.
En 1957, pendant la guerre d'Algérie, il lance avec d'autres personnalités comme le Général de Bollardière, François Mauriac, Robert Barrat, etc., le mouvement de protestation contre la torture. Il jeûne 21 jours.
En 1958, il manifeste contre l'usine nucléaire de Marcoule, qui produit du plutonium pour la bombe atomique.
En 1963, il jeûne 40 jours à Rome durant le concile Vatican II, pour demander au pape de prendre position contre la guerre en général.
En 1972, il soutient les paysans du Larzac contre l'extension du camp militaire par un jeûne de 15 jours.
En 1974, il s'installe avec une communauté dans une ferme achetée par l'armée sur le plateau du Larzac.
En 1976, il participe aux manifestations contre le réacteur nucléaire de Creys-Malville.

L'Abbé Pierre (Henri Grouès), est né le 5 août 1912 à Lyon. Il s'engage dans la résistance et aide des juifs à se cacher, et est recherché par la Gestapo. Après la guerre, il est élu député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951. En 1949, il fonde "Emmaüs" communauté de chiffonniers pour les pauvres et les réfugiés et construit des logements provisoires pour les "sans domicile". En 1988, il crée la "Fondation de l'abbé Pierre" pour le logement des défavorisés.

Albert Jacquard est né à Lyon le 23 décembre 1925, c’est un généticien et un essayiste français. Il a décidé d'arrêter ses travaux en génétique et de se prononcer contre l'exploitation à des fins commerciales du génome humain et le brevetage généralisé du vivant. Il s'engage pour la défense des plus démunis et milite notamment aux côtés de l'Abbé Pierre.

Cézar Chavez (César Estrada Chavez) est un brillant syndicaliste paysan américain de Californie. Il est né le 31 mars 1927 en Arizona de parents fermiers d'origine mexicaine et est décédé le 23 avril 1993. Chavez qui a commencé à travailler à l’âge de 10 ans disait " Nous ne sommes pas non-violents parce que nous voulons sauver notre âme. Nous sommes non-violents parce que nous voulons obtenir la justice sociale pour les ouvriers. Qu'importe aux pauvres que l'on construise d'étranges philosophies de non-violence, si cela ne leur donne pas de pain. "
1944, il s’engage dans la marine.
1952, il milite dans l’Organisation des services communautaires de Saul Alinsky, un activiste qui a lutté pour les droits civiques des pauvres, et qui a écrit le Manuel de l’animateur social, publié en 1971.
1962, il adhère à l’Association nationale des agriculteurs et finit par fonder le syndicat l’UFW.
A deux reprises, au cours des années 1960-1970, il appelle au boycottage du raisin de Californie. Pour protester contre l’utilisation des pesticides qui provoquaient des cancers, dont de nombreux enfants-travailleurs ont été victimes.
En 1988, défendant la même cause, il entame sa troisième et plus longue grève de la faim, qui dura trente-six jours.
En 1966, il appuie avec l’UFW une grève qui fut marquée par une marche de 500 kilomètres entre Delano et Sacramento. Les travailleurs en lutte arrachèrent à … l’une des deux plus grandes firmes agricoles californiennes, le droit d’association.
En 1968, César Chavez observe vingt-sept jours de grève de la faim " pour dénoncer la souffrance et la douleur des travailleurs agricoles ".
En 1972, il jeûne durant vingt-quatre jours pour faire abolir une loi antisyndicale.
Avant sa mort, César Chavez a la satisfaction de voir se créer une radio de l’UFW en langue espagnole et de remettre, pour la première fois, des chèques de retraite aux adhérents du syndicat qu’il avait fondé. (23)

José Bové (son vrai prénom est Joseph), est né à Talence en Gironde le 11 juin 1953, d'un père directeur de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) et d'une mère professeur de sciences naturelles. Après ses études, il envisage un temps de devenir professeur de philosophie. Pacifiste et Antimilitariste, il milite dans les mouvements contestataires non-violents du début des années 70, voyage en Inde et fréquente la Communauté de Lanza del Vasto.
Il prend part en 1973 à la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac. En 1976 il s'installe avec sa femme et sa fille, dans une ferme abandonnée du plateau du Larzac, sur le hameau de Montredon, où il élève des moutons. Il s'engage activement dans les luttes paysannes et antimilitaristes jusqu'à la victoire de la gauche en 1981 et l'annonce de l'abandon du projet militaire sur le Larzac.
Il milite pour l’agriculture paysanne, créant fin 1981 le Syndicat des Paysans-Travailleurs de l'Aveyron puis il participe à la fondation, en 1987, du syndicat agricole La Confédération paysanne dont il deviendra le porte-parole. Dans son action syndicale ou politique, José Bové, assisté d'autres militants, a parfois recours à des méthodes de désobéissance civile, qui le mettent hors-la-loi, comme par exemple le " démontage " du McDonald's de Millau, pour lutter contre " malbouffe" etc.
Bové participe à l'arrachage de plants d'essai d'organismes génétiquement modifiés (OGM) en plein champ ou de plants de riz transgénique dans un laboratoire du CIRAD.


Agir contre la violence avec la non-violence

Selon René Girard qui a publié la Violence et le Sacré en 1972, " le propre de la violence est de détourner le conflit de son objet et de le centrer sur le seul jeu de la rivalité mimétique des antagonistes " Ensuite c’est la supériorité de la force qui décide de l’issue du conflit, et non pas la justesse des revendications et encore moins le droit. (11)

J’ajoute que la non-violence en mettant en avant le seul objet du conflit, annule aussi la force en tant que facteur de décision, et prive l’oppresseur de son principal atout. Comme ce dernier ne dispose pas des arguments qui justifient sa position devant l’opinion, il n’a plus qu’à s’incliner.
Si la force de l’adversaire armé repose sur le nombre de fusils et d’hommes qu’il a pour les tenir, la force non-violente repose sur la force-de-la-vérité et du soutien de l’opinion publique. L’armée des mouvements non-violents augmente d’autant plus facilement, qu’elle n’utilise pas d’autre arme que la vérité et les droits de l’homme. Les cartouches d’un mouvement non-violent ne sont jamais épuisées.

Comme l’a montré la psychanalyse, dans la violence l’homme projette son angoisse de mort sur l’autre, qu’il veut détruire pour se libérer de sa peur. Le non-violent intériorise et surmonte la peur en retournant la violence contre lui-même. (11) p84


Nous allons passer en revue des moyens d’actions directs non-violents, illustrés par des exemples.

C’est un profond malaise social engendré par une dérive autoritaire de l’Etat, une taxe ou un impôt injustifié, une loi ou un règlement injuste, de mauvaises conditions de travail, des salaires insuffisants, la grande pauvreté, etc, qui déclenchent des action non-violentes de protestation de masse.

L’analyse de la situation
La première chose à faire est une analyse objective du préjudice et de la situation, afin de poser une revendication réaliste, qui a des chances d’être satisfaite. Il faut s’interroger, comment et pourquoi l’injustice est apparue, qui sont les responsables en cause, qui détient le pouvoir de décision, savoir ce que dit la loi sauf si c’est la loi qui est incriminée, savoir qui sont nos alliés et nos adversaires, définir les moyens de communication, un porte parole qui maîtrise bien le sujet, avant de se lancer dans une action. (9) p117

Le leader joue souvent un rôle important. Jean-Marie Müller écrit " il est remarquable qu’en Afrique du Sud, c’est la communauté indienne qui insista auprès de Gandhi pour qu’il devienne son leader … C’est ainsi que de 1893 à 1914, Gandhi mena le combat pour le respect des droits indiens en Afrique du Sud . " (9) p109
Gandhi n’avait que 24 ans en 1893.

La prise de conscience de la victime ou la conscientisation du sujet
Etienne de la Boétie au 16ème siècle notait déjà " Je désirerais seulement qu’on me fit comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne… " "p48 (11) Mais comment l’esclave ou l’opprimé peut-il devenir un sujet résistant ? Il faut dans un premier temps que la victime se révèle à elle-même, que l’opprimé prenne conscience qu’il est une victime et qu’il a à sa portée des moyens d’action, afin qu’il passe de la résignation silencieuse à la rébellion. L’analyse comparative de sa situation avec d’autres personnes ayant le même statut social mais pas le même traitement, doit lui ouvrir les yeux.
L’esclave alors prend conscience que sa condition est inacceptable et qu’il possède des moyens de pression non-violents pour rétablir sa dignité. Son devoir est de s’insurger, conformément au droit international et aux droits de l’homme.
(11) p73 Le refus de se soumettre à la censure comme l’a fait le dicident Alexandre Soljenitsyne en 1967 préfigurait la politique de la glasnost 20 ans plus tard et la chute du régime soviétique en 1989.

Définir une stratégie d’action
Choisir un objectif réaliste qui a de bonne chance d’être gagné. " César Chavez disait " La plus petite victoire donne du courage aux gens " p51(11) Il faut trouver la vulnérabilité de l’adversaire sur laquelle le plus grand nombre peut exercer une " prise ". La stratégie doit permettre de passer progressivement à des revendications plus ambitieuses.

Le contrat de non-violence
Tous les participants doivent s’engager à ne pas faire usage de la violence pendant toute la durée du mouvement. Il faut expliquer aux manifestants que le rapport de force violent est en faveur de l’adversaire. Ce dernier a donc intérêt à provoquer les manifestants en infiltrant des casseurs dans le mouvement pour déclencher la violence, qui tournera à son avantage. Si le mouvement non-violent tombe dans le piège des provocations et use de la violence, il est aussitôt discrédité par l’opinion publique.

L’organisation (11) p75-76
Un groupe de manifestants doit assurer un service de maintien de la paix. Martin Luther King préparait les manifestants avec des " jeux de rôles " (role play). Ces jeux de rôles consistent à simuler une confrontation des manifestants pacifiques avec des forces de police agressives. Ils consistent à leur expliquer les gestes de protection de leur nuque et de leur tête avec les mains en position de sit-in ou lie-in. En 1922 en Inde Gandhi imputa à un défaut d’organisation l’échec de Chauri-Chaura où des manifestants taillèrent en pièces un groupe de policiers. Solidarnosc pris en compte les échecs de 1970 et 1976, où leur lutte avait été brisée dans un bain de sang par les soviétiques. L’alcool fût interdit, l’accès aux chantiers fut contrôlé pour écarter les infiltrations de provocateurs.

La communication vers les médias est un facteur important dans les mouvements non-violents : avec les " communiqués de presse, les tracts, les affiches, un journal du mouvement qui peut être clandestin, les réunions d’information, etc.
Gandhi utilisait les journaux, Indian opinion et Yung India, il s’était lié aussi avec les journalistes occidentaux. Le pasteur Martin Luther King était de son côté un grand prédicateur.
Durant le terrible hiver de 1954, l’Abbé Pierre encore jeune prêtre lançait le 1er février un appel sur les antennes radios que voici en partie : " Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. ….Chacun de nous peut venir en aide aux sans-abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 5000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse, ne couchera ce soir sur l'asphalte ou les quais de Paris. Merci." Il sera entendu par le Parlement qui, quelques semaines plus tard, décide de lancer un programme de 12 000 logements d'urgence.

La cohésion initiale des manifestants (11) est celle qui existe avant la déclaration du conflit. Un bel exemple pour l’illustrer est celui de la résistance civile norvégienne contre l’occupation nazie. En février
1942, 8000 enseignants sur 14 000 en exercice, protestèrent en envoyant une lettre. Ils furent soutenus par 200 000 lettres de protestation de parents d’élève. La déportation de 100 enseignants fit fléchir la résistance, sans la briser.

La cohésion construite des manifestants (11) est celle qui est construite par les organisateurs ou les leaders du mouvement. César Chavez a su construire cette cohésion avec les chicanos, assez atomisés dans leur condition de vie et de travail.
La force du nombre est la pression collective exercée par le plus grand nombre de manifestants. Un homme seul peut s’opposer à la multitude mais pas y résister longtemps. L’efficacité d’une action non-violente est proportionnelle au nombre des manifestants. La force du nombre s’ajoute à la-force-de-vérité, ensuite tout est une question de stratégie et de patience.
La qualité sociale et morale des manifestants ajoute au pouvoir de se faire entendre, de convaincre et de faire plier l’adversaire. La qualité morale et l’autorité spirituelle de Gandhi, faisaient qu’il était capable d’obtenir gain de cause en faisant une grève de la faim, seul.
La création de Solidarnosc en 1981 comptait 10 millions d’adhérents sur 35 millions de Polonais.

La démoralisation de l’adversaire (11) p64 en essayant d’attirer la sympathie, ou la solidarité est déjà signalée par le maître de la Chine antique Sun Tse, dans son traité de la guerre. L’art de la guerre à cette époque consiste à la gagner sans la faire. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la " guerre psychologique " avec ses diverses techniques de subversion, de propagande et de " désinformation " et de tentative pour neutraliser la volonté de l’ennemi. Une lutte non-violente pour une juste cause, favorise les divisions internes dans le camp de l’oppresseur. Dans l’histoire des luttes non-violentes, souvent la police ou une partie de l’armée rejoint le camp des manifestants. Rappelons toutefois, que Gandhi plaçait la morale au-dessus de tout. Il traitait ses adversaires avec loyauté et courtoisie.

L’obstruction et les interpositions (11) p66
Le sit-in consiste à s’asseoir sur le sol, et le Lie-in consiste à se coucher sur le sol pour faire obstruction aux forces de l’ordre. On connaît des cas spectaculaires comme cette barricade humaine au cours de la révolution non-violente en février 1986 à Manille, qui aboutit à la chute du dictateur Ferdinand Marcos. " Ce dernier avait organisé la fraude électorale pour empêcher Cory Aquino d’être élue présidente.

Les marches étapes, les défilés et les manifestations sont aussi des moyens de se faire entendre.
Citons la marche du sel de Gandhi et des siens entre le 12 mars et le 6 avril 1930. Au terme de cette marche il ramassa une poignée de sel devant les journalistes du monde entier pour symboliser son refus de payer l’impôt sur le sel aux britanniques.
La marche étapes de 710 km à travers la France des paysans du Larzac du 8 novembre au 2 décembre 1978 de l’Aveyron à Paris, symbolisait l’exode des paysans expulsés de leur terre à cause de l’extension du camp militaire. Cette expulsion grâce à leurs actions n’a pas eu lieu.
La " marche pour l’égalité et contre le racisme " du 15 octobre au 3 décembre 1983 de Marseille à Paris.
La marche des chômeurs d’avril à mai 1994.
La marche pour la décroissance entre Lyon et Nevers, du 7 juin au 3 juillet 2000 et celle entre du 25 juin au 22 juillet 2006 dans la région Nord-Pas-De-Calais.
Les immenses manifestations de rue en RDA et en Tchécoslovaquie où à Prague ont comptait 500 000 manifestants, ont accéléré la chute de l’URSS.

La grève est un arrêt du travail pour obtenir généralement, des meilleures conditions de travail ou une augmentation de salaire, ou encore l’empêchement de la fermeture d’une entreprise. Exemples :
En 1822 la grève des charpentiers aboutit a une hausse des salaires pour plusieurs années.
En 1834 à lyon, 14 000 métiers à tisser sont en grèves, pour manifester contre la diminution des salaires.
La liste des grèves est trop longue à citer.
Durant la guerre froide, les grandes grèves de 1980 en Pologne marquent le début de la fin du système soviétique.

Le boycott vient du nom d’un intendant d’un domaine irlandais, qui a connu en 1880 " Le refus de payer les fermages, la résistance aux expulsions, le refus de travailler pour son compte, etc. La réussite de ces actions fit le succès du mot.. " " dans un sens large le mot désigne la rupture de toute forme de relation… avec une personne, un organisme ou un Etat ".
L’embargo est une sanction économique appliquée à un pays par la communauté internationale. " Le régime de l’Apartheid en Afrique du Sud a été la cible, à partir des années 1970, de plusieurs sanctions économiques de la part de l’ONU. Après les évènements de la place Tien An Men en 1989, l’ONU a lancé un embargo sur la livraison d’armes à la Chine, qui n’est toujours pas levé.

La désobéissance civile est le refus de se soumettre à une loi jugée injuste par ceux qui la contestent. Le terme fut créé par Henry David Thoreau comme nous l’avons vu.
(11) P62 Gandhi semble avoir connu Thoreau grâce à Tolstoï. Il utilise le terme résistance civile en anglais pour l’équivalant de satyagraha. Le pasteur M.L. King répand le terme résistance civile aux Etats-Unis.
Thoreau, prenait la défense des minorités, il écrivait qu'" un homme qui aurait raison contre ses concitoyens constitue déjà une majorité d'un " et, encourageant cet homme à l'action, il ajoutait qu'" une minorité n'a aucun pouvoir tant qu'elle s'accorde à la volonté de la majorité : dans ce cas, elle n'est même pas une minorité. Mais, lorsqu'elle s'oppose de toutes ses forces, on ne peut plus l'arrêter. " La désobéissance civile serait donc un outil contre la " dictature de la majorité " qui sévit en démocratie selon Tocqueville, un illustre contemporain de Thoreau.

Dans le mythe d'Antigone de la Grèce antique, Antigone brave les lois de la cité pour donner à son frère une sépulture décente.
Dans la Lysistrata d'Aristophane les femmes décident de se refuser à leurs maris tant qu'ils n'auront pas mis un terme à la guerre.
Dans la Rome antique, en 449 puis 429 av nè les plébéiens protestent contre leur enrôlement de force dans l’armée, et se réfugient sur les collines du mont Sacré et de l’Aventin… p72 " Rome était déserte, dit Tite-Live, privée de sa population ordinaire. Au forum, il n’y avait que quelques vieillards… " Les plébéiens obtinrent gain de cause.
L'histoire romaine a conservée la mémoire de manifestations de femmes, en 195 av nè, contre des restrictions vestimentaires, ainsi qu'en 42 av nè contre une taxe abusive.
" p61 Dès 1920, Gandhi fit du refus généralisé de payer l’impôt au gouvernement britannique la 4ème étape de son programme national de non-coopération pour la conquête de l’Inde. "

La désobéissance civile s’incarne dans les actions répétées du mouvement des faucheurs volontaires en France, qui se constituent aussitôt prisonniers après les arrachages de plants d’OGM. Ils contestent ainsi la liberté donnée aux firmes d’expérimenter la culture des plantes génétiquement modifiées en plein champ, sans s’opposer bien entendu aux OGM de laboratoire utiles à la médecine.
Ils affirment le faire pour faire respecter le principe de précaution, principe qui a été inscrit dans la Charte de l'environnement ainsi que le droit à un environnement sain reconnu maintenant dans la Constitution française. Cette charte n'existait pas encore au moment des premières actions des faucheurs.

La grève de la faim à durée limitée a été faite p56 (11) au début du 20ème siècle par les " suffragettes " anglaises, qui demandaient le droit de vote, elles eurent gain de cause en 1919.
Gandhi qui était en Angleterre à cette époque a connu ces mouvements.
Gandhi a fait 17 jeûnes ou grèves de la faim. Certains de ces jeûnes protestaient contre les dérapages violents de son mouvement.
En 1918, après 3 jours de jeûne de Gandhi, les grévistes des filatures d’Ahmedâbâd obtiennent satisfaction pour leur revendication ou augmentation de salaire.
En 1947, après la partition de l’Inde, Gandhi mit fin en 3 jours aux massacres entre hindous et musulmans. Sans empêcher l’embrasement de la guerre civile, dû à un mauvais tracé des frontières par les britanniques, entre l’Inde et le Pakistan nouvellement créé.
En 1978 en Bolivie " la grève de la faim de plusieurs centaines de femmes de mineurs, fut à l’origine de la déstabilisation du régime du général Banzer.

La grève de la faim à durée illimitée ne peut être que de courte durée, car nous ne restons pas longtemps en vie sans manger. Sa préparation médiatique doit être particulièrement bien soignée. Toutes les chances de réussite doivent être réunies. Elle termine une liste d’action plus qu’elle ne la commence.
En 1932, à la prison de Yeravda, Gandhi entreprant un jeûne à mort contre la loi Mac-donald, qui ne respectait pas l’électorat des Intouchables. 6 jours après le gouvernement britannique a cédé.
Le militant irlandais nationaliste Bobby Sands et 9 de ses camarades sont morts entre avril et septembre 1981 d’une grève de la faim en prison. L’IRA a commis une grave erreur en poursuivant des actes de violence pendant la durée de cette grève de la faim.

Le programme constructif (11) p63
" Chaque citoyen doit…apprendre à ne jamais se contenter d’être un revendicateur et un demandeur, même de la justice et de la paix. " dit le philosophe activiste non-violent Jo Pyronnet, dans son livre L’action non-violente, Témoignage chrétien publié 1965 (11) p139.
Gandhi de son côté disait " il faut incarner les changements que l’on veut voir dans le monde "
Gandhi par exemple " lança plusieurs programmes d’éducation et d’hygiène en faveur des paysans indiens " et le mouvement du Khâdi qui consistait à donner du travail aux indiens, en leur faisant filer le coton au rouet et tisser leur propre vêtement, afin de les affranchir des textiles britanniques. Gandhi viendra s’expliqué en Angleterre auprès des travailleurs anglais privé de travail.
" Aux Etats-Unis Cezar Chavez et les siens créèrent …plusieurs services " d’éducation, de santé et de crédit, destinés aux ouvriers agricoles… "
(11) p92 En Pologne, dès 1939 les lycées et les universités furent fermés par les nazis " un mouvement d’éducation clandestin de masse se constitua peu à peu …Prés de 18 000 lycéens " passèrent leur baccalauréat sous l’occupation. Et, en 1976 sous le régime communiste cette fois, le comité d’auto défense des ouvriers (KOR) créa une " université volante "….
" Le sauvetage des juifs du Danemark se déroula en octobre 1943, lorsque le pays passa sous le contrôle allemand … sur les 7695 juifs du Danemark les nazis en déportèrent 475.
Auroville la ville internationale créée pat Sri Aurobindo le 28 février 1968 en Inde, et la communauté de l’Arche de Lanza Del Vasto en France, sont des exemples de programmes constructifs.
Les associations et les ONG sont pour la plupart des programmes constructifs, qui compensent les carences des Etats.
Mon journal sur internet explique comment devenir un éco-consommateur entre autres.

Conscient des dangers que représente la domination du monde par une poignée de multinationales, le Brésil de Lula a conçu le premier Forum Social Mondial (FSM) à Porto Alegre en 2001, qui a été réédité chaque année depuis. Ce Forum a proclamé qu’un autre monde est possible. L’Europe a emboîté le pas à Lula en créant Le Forum social européen (FSE).
Ses forum sociaux militent pour construire une société centrée sur l’être humain, où se rejoignent les citoyens du monde pour approfondir leur réflexion, s’engager dans des débats d’idées, formuler des propositions, partager leurs expériences librement et s’associer pacifiquement en vue d’actions concrètes, pour la conquête d’un autre monde. (20)

Je vous remercie pour votre attention, cette conférence est terminée.
…………….

Voici les principales sources bibliographiques que j’ai utilisé pour écrire cette conférence
(1) Les Saintes Ecritures, ed Watchtower Bible and tract sociéty of New York, inc, 1974
(2) Autobiographie (de 1869 à 1920) ou mes expériences de vérité, Gandhi, 7ème éd Albin Michel, 1950 à 2003
(3) La Bhagavad-gîtâ
(4) Le Damapada
(5) Histoire du socialisme, Jean-paul Brunet, éd PUF, 1989
(6) La Commune de Paris (1871), William Sernan, éd Fayard, 1986
(7) Histoire des grèves, G Adam, éd, 1981
(8) La jeune Inde, Gandhi, éd stock, 1924
(9) Stratégie de l’action non-violence, Jean-Marie Müller, éd du Seuil, 1981
(11) La non-violence, Christian Mellon et Jacques Semelin, éd PUF,1994
(12) Le Coran, Kasimirski , Maxi livre, 2002
(13) L’Anarchisme, Henri Aryon, 10ème éd PUF, 1961 à 1991
(14) www.wikepedia.org
(15) http://www.quid.fr/
(14) http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/190832.FR.php
(15) http://www.infogm.org/article.php3?id_article=2514
(16) http://www.juristudiant.com/site/modules/wfsection/article.php?articleid=102 et http://fr.jurispedia.org/index.php/État_de_nécessité_(fr)
(17) http://www.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=937
(18) http://www.fao.org/docrep/006/j0083f/j0083f03.htm
(19) dhttp://www.jp-petit.com/Presse/empire_de_la_honte.htm)
(20) http://www.forumsocialmundial.org.br/main.php?id_menu=12_1&cd_language=3
http://www.fse-esf.org/rubrique.php3?id_rubrique=16
(21) http://atheisme.free.fr/Religion/Abbe_pierre.htm
(22) http://www.non-violence-mp.org/reflexions_fichiers/semelin.htm
(23) http://www.humanite.presse.fr/journal/1993-04-30/1993-04-30-675969
Je vous donne l’adresse de mon journal http://www.feuilledupic.blogspot.com/

Notes bibliographiques
1-3-4-12 pour la religion
2 pour la vie de Gandhi. A compléter par 8 et tous les hommes sont frères de Gandhi, parce que son autobiographie s’arrête à 1920 et qu’il est mort en 1948.
9-11 pour les moyens d’action non-violents
16-17 pour les aspects de droit

Nous pouvons ouvrir le débat.

05 juillet 2006

Pollution de l'air - test d'empreinte écologique - juillet-août 2006

Je vous invite à voir les articles de ces pages web :

Les polluants de l'air : quels sont-ils, d'où viennent-ils ?
http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/ArticleComplementaire.aspx?doc=pollution_air_polluant_do

La pollution de l’air et les mesures à prendre
http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/ArticleComplementaire.aspx?doc=pollution_air_agir_do#P44_4914

Contre les méfaits du soleil : chocolat, framboise et cie...
http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2006060701




Faites votre test d'empreinte écologique

On peut faire son test d'empreinte écologique sur internet, et inviter son entourage à le faire. On trouvera la définition de l'empreinte écologique dans ce journal. Ceux qui font un long voyage en avion tous les 2 ou 3 ans par exemple, doivent relativiser cette empreinte spécifique, en la divisant par 2 ou 3.

Voici le meilleur test automatique d'empreinte écologique que j'ai trouvé sur la toile :
http://www.footprint.ch/
Je l'ai découvert par l'intermédiaire de l'adresse suivante, un site intéressant pour la jeunesse :
http://www.place-publique.fr/article677.html-32k

Les tests qui suivent ne prennent pas suffisamment en compte les gestes citoyens écologiques que font déjà bons nombre d'entre nous. L'empreinte est donc majorée d'office :
http://www.agir21.org/flash/empreinteecoweb/loadcheckplugin.html-4k
http://www.earthday.net/footprint/info.asp?country=France&language=French&wwf=True-11k
http://www.mddep.gouv.qc.ca/jeunesse/jeux/questionnaires/Empreinte/Questionnaire.htm


Tests fait sur le papier, même remarque que pour les précédents :
http://www.place-publique.fr/article677.html-32k.reseauressourceries.org/pdf/empreinte eco.pdf
http://www.passerelleco.info/IMG/pdf/Test_Empreinte_Ecologique.pdf

La plupart de ces sites donnent des informations intéressantes.



10 mai 2006

La Françafrique N°11 juin 2006

La « Françafrique »
Plusieurs articles de l’association Survie dans la revue Silence de mai 2006, font le point sur la présence occulte de la France en Afrique et les paradis fiscaux.


Le sommet Afrique-France de décembre 2005 au Mali
P5 « « Ambiance de fin de règne »,... Nostalgies cocardières, nostalgie d’empire ... Désormais, les efforts diplomatiques de la France s’inscriront dans un cadre européen, annonce Jacques Chirac. Mais cette promesse apparaît comme un leurre... La fin de la France en Afrique, c’est avant tout la fin de la « Françafrique », lit-on de plus en plus, ... » un terme « forgé par François-Xavier Verschave, le Président de l’association Survie, décédé en juin 2005, pour désigner un mécanisme de domination économique, diplomatique et militaire exercé par la France depuis les années 60 par l’intermédiaire des réseaux occultes (mercenaires, intermédiaires financiers) ou institutionnels (services secrets, cellule africaine de l’Elysée, régimes dictatoriaux « amis », forces spéciales (lire La Françafrique, Stock, I998 ou Noir silence, Les Arènes, 2000) ... on ose enfin écrire que pendant 45 ans, la présence française en Afrique a été inspirée par des finalités inavouables et la sauvegarde.. d’intérêts propres.. Ces intérêts auraient-ils disparus.. ? Ce n’est pas l’avis des 200 participants au « contre sommet Afrique France » qui s’est tenu à Bamako début décembre 2005 (
voir : www.cadmali.org/contre-sommet), qui ont mis en évidence la persistance de mécanismes de domination économiques, politiques et militaires vécus au quotidien par les populations togolaises, tchadiennes, camerounaises, congolaises, etc. « La Franceçafrique tue l’espoir de la jeunesse africaine » affirmait une banderole brandie dans les rues de Bamako le jour d’ouverture du sommet officiel. En effet si le temps du foccardisme (du nom de Jacques Foccart, l’homme des basses besognes du général de Gaulle puis de Jacques Chirac) semble révolu, de même l’âge d’or des réseaux mitterrandiens et pasquaiens, qui se sont disputés et partagés la Françafrique jusqu’au milieu des années 90...N’oublions pas qu’au moment de la réforme de la coopération lancée par le gouvernement Jospin... éclataient l’affaire Elf et le scandale de l’Angolagate (une affaire de vente darmes à l’Angola, alors en pleine guerre civile, dans laquelle Jean-Christophe Mitterrand et des proches de Charles Pasqua ont été mis en cause)

Des dictateurs « amis de la France »
La prédation néocoloniale française s’appuie sur la complexité de régimes autoritaires et corrompus. Ces derniers reçoivent, en échange de leur collaboration, un soutien diplomatique, militaire et économique, via une aide publique au développement.... ces dictateurs « amis de la France » sont les complices d’un pillage organisé des ressources naturelles du continent africain... Certains potentats francophones..., battent ainsi des records de longévité... Le gabonais Omar Bongo, « réélu » à l’automne dernier, est devenu le doyen d’entre eux, avec bientôt 39 ans de « règne »... Dernier exemple en date en février 2005 : le remplacement du dictateur togolais Eyadéma par son fils, adoubé par la France... (lire Le choix volé des togolais, ouvrage collectif, L’Harmattan, 2005) Cette stabilité est en partie assurée par le bras armé de la Françafrique, l’armée et ses corps délite... Depuis N’Djamena, Libreville, Djibouti, la France est en mesure d’intervenir un peu partout sur le continent. En l’absence de tout contrôle parlementaire, l’opacité de ces interventions est souvent la règle. Certains épisodes tragiques ont montré combien il était dangereux de laisser une telle capacité d’intervention entre les mains d’un nombre trop restreint de personnes (...) Que l’on songe en particulier au Rwanda, où des militaires français ont encadré les futurs auteurs du génocide des Tutsi... à côté des interventions militaires directes... il faut prendre en compte l’action des « électrons libres », marchands d’armes, dirigeants de sociétés militaires privées, conseillers militaires particuliers auprès de présidents africains. Ces « barbouzes » permettent à des acteurs français de garder un certain contrôle du terrain militaire ou sécuritaire en Afrique. Le « corsaire de la République » Bob Denard... aujourd’hui en procès, a cédé la place à une multitude d’autres « barbouzes » ou militaires recyclés...(lire La privatisation de la violence, Xavier Renou, François Verschave, Agone, 2006)... le marchand d’armes et ancien membres de la cellule anti-terroriste de l’Elysée, Robert Montoya, actuellement en disgrâce suite à la découverte d’ un arsenal destinée au régime ivoirien dans un de ses entrepôts de Lomé... le « juriste mercenaire » Charles Debbasch, auteur de plusieurs maquillages constitutionnels au Togo...

La puissance des réseaux
Ces acteurs « parallèles » font apparaître le poids des réseaux ... militaires, aux solidarités renforcées par des passages communs dans des écoles ou des corps d’élites, mais aussi réseaux financiers, économiques, maçonniques... On voit s’y illustrer un nombre croissant d’intervenants russses, israéliens, sud-africains, etc... impliquant une multitude d’intervenants économiques et financiers, utilisant à dessein tous les mécanismes d’évasion fiscale et d’opacité financière, via des paradis fiscaux et judiciaires... Dans ce schéma complexe les multinationales françaises ont acquis une place de choix auprès d’un pouvoir politique qui semble de plus en plus » corrompu « .... Affaiblie par de multiple scandales, Elf a été racheté par Total, qui conserve des intérêts considérables au Gabon ou au Congo-Brazzaville... elle affiche en 2005 un bénéfice record.... c’est cependant le groupe breton Bolloré qui est aujourd’hui la valeur montante... » Fin de citation de l’article de Fabrice Tarrit de l’association Survie.

« Pour en finir avec les paradis fiscaux
p11 Corruption, trafic d’armes, détournement de l’aide au développement, financement de partis politiques... Les opérations de la Françafrique seraient impossibles sans des paradis fiscaux tels que la Suisse, les Bernudes, le Luxembourg, le Panama ou les îles Caïman. Secret bancaire, absence de coopération judiciare internationale, fiscalité réduite : ces paradis du capitalisme et de la criminalité sont des gages d’opacité et d’impunité... Un exemple ? En 1994 éclate l’affaire Elf. 10 ans de procédures pour découvrir qu’Elf a été créée en 1967 pour servir de prolongement politique à l’action de la France en Afrique. Elle abritait plusieurs centaines d’agents secrets, entretenait des sociétés de mercenaires, participait à l’organisation de coups d’Etat, via les paradis fiscaux, Elf a organisé le drainage d’énormes marges occcultes sur l’exploitation de l’or noir africain :... Les clés de l’affaire Elf sont dans les coffres des paradis fiscaux ... En 1998, c’est au tour de l’Angolagate de défrayer la chronique. Là encore, les paradis fiscaux sont au coeur d’une vaste affaire de pillage du pétrole, de trafic d'armes et de corruption. On retrouve en Angola des multinationales du pétrole et de l’armement (BP-Amoco, TotalFinaElf, Exxon...), des intermédiaires financiers spécialistes des montages opaques (Pierre Falcone, Jean-Charles Marchiani, Arcadi Gaydamak...) et les services secrets de différentes puissances mondiales (France, Etats-Unis, Russie, Israël, etc.) » L’auteur rappelle différentes affaires rendues publiques, dans lesquelles les paradis fiscaux étaient présents : « 2001, faillite spectaculaire d’Enron ... (près de 700 filiales dans les îles Caïman)... 2002, marée noire sur les côtes de la Galice....Les responsables courent toujours... 2003, affaire Metaleurope : 2000 licenciements sauvages, un site pollué laissé en l’état... Nous pourrions multiplier les exemples. De l’affaire Léotard au trucage des marchés publics d’Ile-de-France, du scandale de la MNEF à celui du Kremlingate, les paradis fiscaux sont impliqués dans tous les grands scandales de ces dernières années ... ils abritent plus de la moitié des fonds déposés dans le monde... 500 mille milliards de dollars seraient déposés dans les banques des îles Caïman, faisant de ce confetti la 5ème puissance financière de la planète (elle compte autant d’immatriculations de sociétés que d’habitants, environ 35 mille). La quasi totalité des banques occidentales a des sucursales dans des paradis fiscaux... BNP Paribas... Crédit Agricole... CIC... Crédit Lyonnais... Natexis Banques Populaires... Société Générale, etc. Les grandes sociétés ne sont pas en reste... Air France... Thomson... Schneider... Renault... Total... En témoigne l’évasion fiscale croissante. Rien qu’en France celle-ci est estimée à 50 milliards de dollars par an, soit autant que l’aide publique au développement annuelle des pays de l’OCDE... » aide dont la destination est mal contrôlée, comme le montre cet article. Et plus les recettes publiques fondent, plus les gouvernements font pressions sur les contribuables honnêtes et modestes. « Au Nord comme au sud, cette situation profite surtout aux contribuables les plus aisés et aux grandes entreprises », aux hommes politiques corrompus et aux dictateurs, génocidaires, barbouzes et compagnie « « Les réseaux du crime organisé n’ont fait que suivre les chemins tout tracés par les entreprises multinationales et qu’emprunter les multiples circuits d’occultation que la plus fine fleur des avocats, notaires et banquiers londoniens, luxembourgeois et genevois ont su inventer (Le Capitalisme clandestins, Godefroy & Lascoumes, La Découverte, 2004.) »

« Des solutions politiques
Face à cette situation inacceptable, que pouvons-nous faire ? D’abord, combattre une idée reçue, celle de l’impuissance politique. Si les acteurs dominants de la politique ou de l’économie souhaitent réellement lutter contre les paradis fiscaux, ils le pourraient. La cinquantaine de paradis fiscaux que compte la planète s’est développée grâce au soutien actif des pays occidentaux, Etats-Unis et Europe en tête. Leur existence est d’ailleurs parfaitement légale au regard de la législation internationale. Il ne s’agit pas de territoires « pirates » se développant à l’insu des Etats « légaux » : 95% des paradis fiscaux sont d’anciens comptoirs ou colonies britanniques, français, espagnols, néerlandais, américains, restés dépendants des puissances tutélaires. Par exemple comme le déclarait un procureur de New York en 1998 : « Les îles Caïman appartiennent à la Couronne britannique. Leur gouverneur comme leur ministre de la Justice sont nommés par Londres. Le Royaume-Uni a donc le pouvoir de mettre un terme au laisser-faire dans sa colonie, mais il n’en fait rien » (Le Capitalisme clandestins...) La situation est similaire entre Monaco et la France, le Delaware et les Etats-Unis, ect. La lutte contre les paradis fiscaux est urgente. Elle représente une revendication commune au Nord comme au Sud. Tout juge d’instruction ou journaliste honnête, tout militant de la solidarité internationale ou de l’écologie, tout humaniste désirant une transformation sociale trouve sur sa route l’obstacle des paradis fiscaux. D’un côté, les bénéficiaires de ces « boîtes noires » sont peu nombreux mais puissants : détenteurs de capitaux, banquiers, intermédiaires financiers, criminels, services secrets, trafiquants... De l’autre, ses victimes sont légion : populations qui subissent les dictatures, le pillage des ressources, les marées noires, les délocalisations sauvages, la coupe des budgets publics, la destruction des solidarités construites par un siècle de luttes sociales. Il est temps qu’un mouvement social fasse vaciller ce schéma tragique. Dans cette lourde tâche, des campagnes d’information et une convergence des luttes sont indispensables. C’est dans ce but que s’est constituée en février 2006 « une plateforme contre les paradis fiscaux et judiciaires », initiée par les associations Survie (tél : 01 44 61 03 25), ATTAC, CADTM, CCFD, CRID, Eau Vive, Réseau Foi & Justice, Secours Catholique/Caritas France, Transparence Internationale. Puisse cette coalition porter ses fruits et s’élargir. » Fin de citation de l’article de Samuël Foutoyet auteur de la brochure, Pour en finir avec les paradis fiscaux, Survie, 2005. Membre du bureau national de Survie.

Clin d’œil au scandale politico-financier qui agite les médias
Le Point du 4 mai 2006 page 44 écrit « La caisse de compensation Clearstream… Pour Denis Robert, c’est la blanchisseuse de l’argent sale. »

Devenez un meilleur acteur de la vie économique avec la Nef
Je rappelle l’existence de la banque solidaire la Nef, qui est la plus « propre » et recommandée, et qui partage les bureaux du Crédit Coopératif. Silence dénonçait dans son N°320 de février 2005 page 31 « Les couacs de la NEF » et disait « Début avril 2004, la publicité proposait aux clients d’ouvrir un compte-épargne dont la moitié des intérêts serait reversée à la Fondation Energies pour le monde, qui selon la publicité, mène des actions en faveur des énergies renouvelables dans les pays du Sud. C’est oublier un peu vite qui se trouve derrière cette fondation... : ADEME, ministre de l’écologie, Caisse des dépôts et consignations, mais aussi BP, Total, l’Institut français du pétrole, la Camif, Gaz de France, EDF et pour corser le tout le CEA (nucléaire militaire) et Framatome (producteur de centrales nucléaires)... » L’article nous apprend que la commission bancaire de la Banque de France a obligé la Nef à passer sous la tutelle du Crédit coopératif. Et, que « pour cause de lien avec le Crédit coopératif... la Nef se voit menacée d’une action en justice par l’UCF-Que Choisir. » Nous apprenons encore que « la Nef a collecté en 2003 pour 112 millions d’euros, mais du fait des fluctuations des comptes des sociétaires, seuls 63 millions d’euros sont disponibles pour des prêts. Or fin 2003, le total des prêts accordés par la Nef ne dépasse pas 20 millions d’euros... seuls ces 20 millions de prêts sont vraiment « hors système », le reste étant malheureusement encore sous contrôle de la finance classique. Mais au moins, on peut le savoir en lisant les comptes de la Nef. » Plus il y aura de clients à la Nef et plus à mon sens, elle gagnera en indépendance et en autonomie de gestion. J’encourage ceux qui perçoivent de la participation d’entreprise, fonds qui doivent restés placés au minimum 5 ans, à faire un placement sur un fond commun de placement « éthique ». Voir la Charte PIC pour connaître les raisons et les mesures à mettre en oeuvre pour la décroissance de sa consommation.

Voici des extraits de l’article d’Ardiouma Sirana Président du Collectif de France Affaire Norbert Zongo (COFANZO) membre de Survie. P13 :

« Les résistances africaines
Commençons donc par clarifier la notion de « résistances africaines » à partir de deux exemples tirés de l’histoire récente d’un pays africain, le Burkina Faso. Lors d’un discours devenu célèbre, le président burkinabé Thomas Sankara a tenu ces propos le 27 juillet 1987 devant ses pairs à la tribune de l’OUA (aujourd’hui UA ou Union africaine) : « Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique....Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les pouvoirs financiers à s’inquiéter. On nous demande aujourd’hui d’être complice de la recherche d’un équilibre. Equilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Equilibre au détriment des masses populaires. Non ! nous ne pouvons pas être complice.... Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsable de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce que les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront pas payer, c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé. » Deux mois après... Thomas Sankara tombait sous les balles de la garde prétorienne du capitaine Blaise Compaoré. Le mensonge servi aux burkinabés et au monde pour justifier ce coup d’état soutenu par la France a été : le « beau Blaise », qui a toujours été « soucieux des intérêts de son peuple, a dû mettre fin à la dérive du pouvoir autocratique de Sankara qui a trahi la cause de la révolution » Ce mensonge d’Etat fera long feu. Au Burkina, l’assassinat du premier chef d’Etat africain qui osa tenir tête à Mitterrand sera suivi de nombreux autres, dont celui du journaliste Norbert Zongo en 1998. Ce dernier avait... levé le voile sur les dessous mafieux du « règne Compaoré ». 2003, sommet de l’OMC à Cancun... » où Compaoré « l’actuel président... défendait ses propres intérêts de propriétaire terrien, non pas ceux des petits producteurs du Burkina, du Mali ou du Bénin... L’Afrique bouge et fourmille de résistances multiformes. Faces aux dictatures tenaces, de larges secteurs de la société civile africaine continuent de se battre.... Le contre-sommet Afrique/France en novembre-décembre 2005 et le forum social mondial en janvier 2006 ont témoigné de la montée en puissance des résistances africaines. Ces récentes rencontres citoyennes de Bamako ont montré la maturité des acteurs de la société civile africaine qui ont su cibler... les thèmes majeurs sur lesquels ils entendent se mobiliser... : la lutte contre l’impunité ... la justice sur les nombreux crimes économiques et de sang qui jalonnent le règne des Bongo, Idriss Débi, Blaise Compaoré, la dynastie Gnassingbé, etc... ; la lutte contre la vie chère... ; la lutte contre la souveraineté alimentaire... ; la lutte contre la réconquête et la jouissance par les populations africaines des richesses naturelles du continent... » A Bamako il y avait aussi des « centaines de représentant(es) d’ONG du Nord... Cette coopération des acteurs de la société civile internationale constitue un phénomène socio-politique important. C’est une nouvelle donne citoyenne que devront intégrer les résistants africains dans l’élaboration de la stratégie de leurs combats futurs. Savoir s’inspirer des exemples des pionniers du panafricanisme (Nkuamé Nkrumah, Sylvianus Olympio, Amilcar Cabral, Patrice Lumumba, Nelson Mandela... ) tout en s’appuyant intelligemment sur les nouveaux atouts et les nouvelles revendications que recèle le mouvement alter-mondialiste naissant, tels sont les deux défis majeurs qui se posent aujourd’hui aux résistances africaines.» Fin de citation.